Arikaomisa Randria : Il était une fois
4 novembre 2022 // Littérature // 10232 vues // Nc : 154

Écrivain, acteur, auteur de pièces radiophoniques, Arikaomisa Randria est un personnage qui s’illustre par sa voix et ses mots. Ses contes pour enfants se redécouvrent à travers des livres sonores destinés à promouvoir la lecture et la langue malgaches.

Sa passion pour la radio et l’écriture remonte à son adolescence. Il a commencé par un passage à Radio Madagasikara, à travers une émission destinée aux enfants intitulée Ny Talentako où il racontait ses contes. Plus tard, il anime sa propre émission, Angano, angano, arira, arira sur Radio Don Bosco, très écoutée par les Malgaches. Pendant onze ans, Arikaomisa Randria y a raconté mille et une histoires pour éduquer les enfants. « De 1997 à 2007, j’ai animé cette émission tous les jours. Même aujourd’hui, les gens veulent que je reprenne l’antenne. » Pour répondre à cette demande, Arikaomisa Randria a trouvé une alternative : un livre sonore, un projet mené par l’Édition Jeunes Malgaches pour promouvoir l’accès à la lecture. « Je voulais sortir un livre depuis longtemps, mais ça coûte cher. L’Édition Jeunes Malgaches m’avait proposé cette collaboration lorsque je racontais mes angano au Centre malgache pour le développement de la lecture publique et l’animation culturelle (Cmedlac) à Analakely, tous les mercredis. »

Aujourd’hui, Arikamosia Randria en est à son cinquième livre sonore dont le plus écouté est Rapeto sy ny valihany (Rapeto et sa valiha). Le dernier en date, paru en septembre dernier, s’intitule Ilay lolokely jejo (Le petit papillon coquet), illustré par Max Razafindrainibe et traduit par Brice Danoly-Nirina Rakotomanga. « C’est l’histoire d’un petit papillon qui était adulée par toutes les fleurs du jardin. Et donc il pensait qu’il était la plus belle créature de la terre. Moralité : il ne faut pas trop avoir confiance en soi, il faut savoir rester humble. » Un univers familier composé d’animaux, de fleurs, de plantes avec toujours une leçon de vie à tirer. L’écriture a toujours été un moteur dans sa vie. Pour progresser, il s’en remet à des associations comme Havatsa Upem et Faribolana Sandratra, dans les années 1990. « Mes rencontres avec Elie Rajaonarison, Rado, Celestin Andriamanantena… ont façonné mon style d’écriture. Ce sont de très belles expériences qui m’ont permis de m’ouvrir à d’autres univers. »

Chemin faisant, il se retrouve à écrire des pièces radiophoniques qui deviennent très populaires, le théâtre radiophonique – sorte de hira gasy hertzien  - étant un des moyens les plus utilisés pour faire passer des messages civiques en milieu rural. Avec des pièces comiques, policières ou dramatiques comme Ratsimitaha, Kotolita, Radera sy Ramely, Arikaomisa Randria aiment jouer avec les genres. Certaines histoires comptent entre 120 et 300 épisodes comme Ditra manadala, co-écrit avec sa femme, Enji-mpitia ou Onja Mahery. Cette dernière a été adaptée au cinéma et diffusée sur la chaîne Novegasy. « Parfois, je me retrouve aussi devant la caméra. Être acteur est aussi palpitant qu’écrire. » Mais son plus grand défi reste la transmission des savoirs. Avec d’autres écrivains et hommes de théâtre, il enseigne l’écriture, le kabary (art de l’éloquence) et le jeu d’acteur en théâtre radiophonique ou théâtre sur scène. Et dans toutes ses disciplines, le point commun reste la valorisation de la langue malgache.


Aina Zo Raberanto

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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