Bookstagrams et Booktoks : e-salons littéraires
12 avril 2025 // Littérature // 9117 vues // Nc : 183

Le hashtag #malagasybookstagram cumule presque mille publications sur les réseaux sociaux : de nombreux créateurs de contenu/fans de lecture avec chacun leur univers. Leur mission commune ? Offrir un espace d’échanges avec d’autres passionnés. Au-delà de la mise en scène des livres pour l’esthétique, leurs retours de lecture et leur curation affûtée créent un nouveau à l’objet livre et à la littérature.

À la différence des salons littéraires traditionnels, où l’on discute surtout des livres pour leur contenu, dans les communautés Bookstagram et BookTok, on les apprécie avant tout pour leurs couvertures, à défaut de les juger.

©photo : Book Diary

Il suffit de parcourir des comptes comme LiaBrary, book. iverse ou Book Diary pour voir avec quel soin les livres sont présentés. C’est toute une scénographie : bibliothèques aux palettes de couleurs soigneusement agencées, couvertures chatoyantes entourées de fleurs, objets de décoration ou même pâtisseries assorties. À un moment où le format digital séduit les pragmatiques, les bookstagrammeurs mettent l’accent sur la beauté du livre en tant qu’objet.

Hors des cercles littéraires officiels, les bookstagrameurs profitent d’une plus grande liberté, tant dans le choix des livres qu’ils (et majoritairement elles) abordent que dans leur façon de les commenter. Représentant cette approche, le compte Bookstagram of Karen a récemment mis en avant le roman #ZaKoa de Hary Rabary, finaliste du Prix Orange du Livre en Afrique et présélectionné pour le Prix Senghor du premier roman 2024.

En parallèle de ces œuvres littéraires, la bookstagrameuse partage aussi des livres de loisir, preuve de la diversité et de la liberté de cette communauté dans son contenu. D’ailleurs, ceux qui partagent le même univers se rassemblent souvent dans des book clubs. C’est le cas de Mots et Merveilles, un club cofondé par des bookstagrameuses, illustrant l’essor de ces plateformes dédiées aux passionnés de lecture. Phénomène à suivre de près.

Mpihary Razafindrabezandrina

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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