A’Kalo : Mamie blue
2 octobre 2022 // Musique // 10625 vues // Nc : 153

Damy Govina chante en tandroy, le dialecte du Grand Sud qu’elle estime trop souvent négligé et moqué par les élites. Au-delà, c’est les rythmes du Sud enrichis au « galeha midero » qu’elle remet à l’honneur, réponse à une époque qu’elle juge hyper-formatée.

Mère célibataire et journaliste, Damy Govina a trouvé depuis toujours un refuge dans la musique. Un départ de vie, il est vrai, assez difficile. « Je suis polyglotte mais j’ai appris le français grâce aux bouteilles en plastique que les gens jetaient... Si je ne m’étais pas autant battue dans ma vie, je ne serais pas là où j’en suis aujourd’hui. » Mamie, par exemple, estune chanson purement autobiographique, comme toujours dans son répertoire : « Je l’ai écrite en 2016 en hommage à ma grand-mère, mais aussi à ces mères qui doivent élever seules leurs enfants, qui essayent d’être les meilleures mamans du monde dans un environnement souvent dramatique. Mon père est mort à 29 ans et c’est ma grand-mère qui nous a élevés. Je ne suis pas issue d’une famille riche, nous dormions dans le marché d’Analakely à Mahajanga, où nous avons survécu à deux cyclones. »

Née d’une mère Tsimihety et d’un père Antanadroy, Damy Govina est revenue vivre à Madagascar après avoir vécu cinq ans aux Comores. Plutôt que de suivre la « filière » française, elle a préféré revenir au pays pour en apprendre un peu plus sur ses origines et sa culture. « En intégrant le milieu journalistique, j’ai remarqué qu’il y avait peu de sujets sur la culture malgache. Par exemple, j’écrivais sur le havoria, une tradition des tribus Mahafaly et Antandroy, mais le rédacteur en chef de l’époque ne semblait pas intéressé. Je me suis sentie exclue. » Elle commence alors à faire ses recherches et collabore avec des associations engagées dans la diversité culturelle.

A’Kalo, son nom de scène, signifie « mortier », « ciment », ce qui permet de recoller les morceaux. Son style s’inspire plus précisément du galeha, des jeux vocaux pratiqués par les jeunes bouviers de l’Androy qu’elle mélange avec des rythmes traditionnels pour donner le galeha midero. « Je veux créer une nouvelle forme d’expression musicale. Les Malgaches sont tous un peu mélomanes, mais on assiste à une déperdition de cet héritage culturel. Sans parler de ces ados qui n’écoutent que des trucs hyper-formatés en anglais. » Raison pour laquelle tous ces textes sont en tandroy. « C’est le dialecte le plus mal compris à Madagascar, aussi négligé que stéréotypé. Dans mes clips, je mets toujours des sous-titres pour que les gens apprennent et comprennent. Tous les dialectes devraient figurer dans l’enseignement malgache. »


Aina Zo Raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Sports : UTOP arrive à sa 17e édition

Lire

23 janvier 2026

Sports : UTOP arrive à sa 17e édition

L’Ultra Trail des Hauts Plateaux (UTOP) fera son grand retour du 1ᵉʳ au 3 mai 2026 pour une 17ᵉ édition qui s’annonce particulièrement dense. Après av...

Edito
no comment - Prêt à offrir

Lire le magazine

Prêt à offrir

Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

No comment Tv

Making of shooting mode – Janvier 2026 – NC 192

Retrouvez le making of shooting mode du 𝗻𝗼 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁® magazine, édition janvier 2026 - NC 192
Prise de vue : La Teinturerie Ampasanimalo 
Collaborations : Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG - Carambole
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Mia, Alvine, Safidy, Ken, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

African Series Of Poker

African Series Of Poker, en décembre à l’Hôtel Carlton à Anosy

no comment - African Series Of Poker

Voir