Mose Njo : Écrivain, etc.
12 avril 2025 // Que sont-ils devenus ? // 7388 vues // Nc : 183

Après la réédition de son roman sci-fi malgache Lisy Mianjoria par Karné en décembre 2023, Mose Njo a donné plusieurs vies à l’héroïne : un jeu vidéo à son nom, un blog avec ses couleurs, des ateliers et des échanges avec le public, en ligne et hors ligne. Deux de ses histoires ont été sélectionnées pour le Lunar Codex cette année, elles partiront pour un archivage culturel sur la lune. Depuis sa dernière parution dans no comment®, l’écrivain expérimente plusieurs terrains. Son approche éclectique se veut à contrecourant d’un milieu littéraire qu’il trouve « ennuyeux ».

« Les extensions du roman servent surtout la curiosité de la lectrice ou du lecteur ». Les lecteurs et les lectrices sont relativement nombreux : des réactions publiées sur les réseaux sociaux, des retours émotionnels dans la messagerie de l’auteur, un public engagé pendant les conférences. Une lectrice a pleuré après sa lecture, un lecteur a dit qu’il y avait de tout dans le roman. Outre le contenu lui-même qui avait pour vocation d’être bien écrit et d’être divertissant pour Mose Njo, il attribue aussi ce succès au dynamisme et à la vitalité des éditions Karné en termes de promotion.

Alors, une communauté s’est formée autour du roman. « Je recherche des gens qui sont à peu près sur la même longueur d’onde que moi. Je m’exprime pour voir si je suis seul, et je me rends compte que je ne suis pas si seul que ça. Cela répond à un désir d’interaction et de partage, et aussi un besoin d’expérimenter ».

Ce partage se fait d’abord sur Le Blog de Mose Njo, un site où on peut lire et écouter des articles, des contes, des histoires pour se coucher, en malgache et en français. Il y a aussi une page Facebook. Le blog surprend par la diversité de son contenu : des épisodes d’Ikotofetsy et Imahakà y côtoient un article sur Jean-Joseph Rabearivelo et une traduction des paroles de Serge Gainsbourg. Mose Njo l’explique par une plus grande liberté offerte par le blog. « Je peux me permettre d’y écrire des pensées spontanées, des émotions à chaud, je publie tout de suite après le premier jet. Je prévois aussi d’y publier mes écrits non publiés pour une raison ou une autre. C’est plus libre et plus brouillon ». Le jeu vidéo Lisy’s Dream lui permet aussi d’interagir, toujours en partant du roman, mais avec une autre dynamique. Pour Mose Njo, l’interactivité qu’offre le roman se passe surtout dans la tête et dans le cœur, et l’écriture est très solitaire, tandis qu’un jeu vidéo est plutôt un travail d’équipe. « Développer, coder, c’est aussi écrire. On dit que c’est une langue ou une forme de poésie. L’écriture reste au cœur de ce que je fais ».

Aujourd’hui, même s’il se présente en tant qu’écrivain « car c’est plus pratique », son champ d’expérimentation s’élargit encore. « Le Lunar Codex représente un honneur planétaire. C’est une grande surprise d’être dans cet archivage. Comme Lisy Mianjoria parle aussi de la lune et de la NASA, et que Samuel Peralta, l’initiateur du projet est un scientifique et un écrivain, de fil en aiguille ça s’est rejoint ». Sur la planète Terre, Mose Njo continue à partager, avec l’écriture au centre. « L’image de l’écrivain qui écrit seul dans son coin n’est pas obsolète et ne le sera jamais, car il a besoin d’avoir toute son attention. Mais pour les ateliers d’écriture et les conférences que j’anime, c’est par amour du partage, de la transmission et de l’enseignement, c’est différent des vernissages par exemple. Pour la suite, je veux me fondre complètement dans l’univers de Lisy avec d’autres extensions, des livres, des jeux vidéo. Pour l’écriture, j’aimerais m’aventurer vers quelque chose d’un peu plus dark, plus osée, plus perturbante, d’un peu plus dans ma nature. »

Mpihary Razafindrabezandrina

Facebook : Le Blog de Mose Njo
Site web : https://blog.mosenjo.xyz

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

Lire

26 août 2026

Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

La cosmétique turque a trouvé son ambassadrice à Madagascar. Golden Rose Style and Beauty vient de rouvrir dans un espace repensé, plus vaste et plus...

Edito
no comment - Fin de saison

Lire le magazine

Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

No comment Tv

Interview - L’Architecture du Goût - Août 2026 - NC 199

Découvrez L’Architecture du Goût, dans le no comment® NC 199 – août 2026.
À Antananarivo, deux univers créatifs se sont rencontrés autour d'une question simple : et si l'objet qui accompagne le repas transformait l'expérience même du goût ? L'Architecture du Goût, née de la collaboration entre le Studio ARRA et Kr.Atelier, propose une réponse aussi sensorielle que visuelle. Rencontre avec Ando Ramanantsoa et Kiady Ratovoson, les deux artistes qui redéfinissent l'art de la table.

Focus

Jazz@Tohatohabato

15e édition du festival Jazz@Tohatohabato, à Antananarivo du 5 au 9 août dernier
© Jazz@Tohatohabato

no comment - Jazz@Tohatohabato

Voir