Mose Njo : Écrivain, etc.
12 avril 2025 // Que sont-ils devenus ? // 5460 vues // Nc : 183

Après la réédition de son roman sci-fi malgache Lisy Mianjoria par Karné en décembre 2023, Mose Njo a donné plusieurs vies à l’héroïne : un jeu vidéo à son nom, un blog avec ses couleurs, des ateliers et des échanges avec le public, en ligne et hors ligne. Deux de ses histoires ont été sélectionnées pour le Lunar Codex cette année, elles partiront pour un archivage culturel sur la lune. Depuis sa dernière parution dans no comment®, l’écrivain expérimente plusieurs terrains. Son approche éclectique se veut à contrecourant d’un milieu littéraire qu’il trouve « ennuyeux ».

« Les extensions du roman servent surtout la curiosité de la lectrice ou du lecteur ». Les lecteurs et les lectrices sont relativement nombreux : des réactions publiées sur les réseaux sociaux, des retours émotionnels dans la messagerie de l’auteur, un public engagé pendant les conférences. Une lectrice a pleuré après sa lecture, un lecteur a dit qu’il y avait de tout dans le roman. Outre le contenu lui-même qui avait pour vocation d’être bien écrit et d’être divertissant pour Mose Njo, il attribue aussi ce succès au dynamisme et à la vitalité des éditions Karné en termes de promotion.

Alors, une communauté s’est formée autour du roman. « Je recherche des gens qui sont à peu près sur la même longueur d’onde que moi. Je m’exprime pour voir si je suis seul, et je me rends compte que je ne suis pas si seul que ça. Cela répond à un désir d’interaction et de partage, et aussi un besoin d’expérimenter ».

Ce partage se fait d’abord sur Le Blog de Mose Njo, un site où on peut lire et écouter des articles, des contes, des histoires pour se coucher, en malgache et en français. Il y a aussi une page Facebook. Le blog surprend par la diversité de son contenu : des épisodes d’Ikotofetsy et Imahakà y côtoient un article sur Jean-Joseph Rabearivelo et une traduction des paroles de Serge Gainsbourg. Mose Njo l’explique par une plus grande liberté offerte par le blog. « Je peux me permettre d’y écrire des pensées spontanées, des émotions à chaud, je publie tout de suite après le premier jet. Je prévois aussi d’y publier mes écrits non publiés pour une raison ou une autre. C’est plus libre et plus brouillon ». Le jeu vidéo Lisy’s Dream lui permet aussi d’interagir, toujours en partant du roman, mais avec une autre dynamique. Pour Mose Njo, l’interactivité qu’offre le roman se passe surtout dans la tête et dans le cœur, et l’écriture est très solitaire, tandis qu’un jeu vidéo est plutôt un travail d’équipe. « Développer, coder, c’est aussi écrire. On dit que c’est une langue ou une forme de poésie. L’écriture reste au cœur de ce que je fais ».

Aujourd’hui, même s’il se présente en tant qu’écrivain « car c’est plus pratique », son champ d’expérimentation s’élargit encore. « Le Lunar Codex représente un honneur planétaire. C’est une grande surprise d’être dans cet archivage. Comme Lisy Mianjoria parle aussi de la lune et de la NASA, et que Samuel Peralta, l’initiateur du projet est un scientifique et un écrivain, de fil en aiguille ça s’est rejoint ». Sur la planète Terre, Mose Njo continue à partager, avec l’écriture au centre. « L’image de l’écrivain qui écrit seul dans son coin n’est pas obsolète et ne le sera jamais, car il a besoin d’avoir toute son attention. Mais pour les ateliers d’écriture et les conférences que j’anime, c’est par amour du partage, de la transmission et de l’enseignement, c’est différent des vernissages par exemple. Pour la suite, je veux me fondre complètement dans l’univers de Lisy avec d’autres extensions, des livres, des jeux vidéo. Pour l’écriture, j’aimerais m’aventurer vers quelque chose d’un peu plus dark, plus osée, plus perturbante, d’un peu plus dans ma nature. »

Mpihary Razafindrabezandrina

Facebook : Le Blog de Mose Njo
Site web : https://blog.mosenjo.xyz

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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