Ando Baliaka : Se mettre à nue
3 mars 2022 // Arts Plastiques // 5892 vues // Nc : 146

Peintre aquarelliste, Ando Baliaka a toujours eu un intérêt particulier pour l’art visuel. En 2016, elle découvre l’aquarelle par curiosité, fait des recherches en regardant des vidéos de speed painting sur internet et continue d’explorer cette technique. « Je me suis attachée à l’aquarelle car j’aime le côté translucide et fluide. Elle est très souple à travailler et donne un aspect assez fin et délicat dans ses rendus. » La jeune artiste se tourne vers un style à la fois conceptuel et figuratif, jouant avec les symboles et les sens induits. « Cela me permet d’ignorer les normes, la logique. Je m’autorise à mettre une touche de bizarre ici, une touche de fantaisie là, ou bien d’exagérer ou au contraire omettre certaines choses. Même si le style varie au fil du temps, le rendu est toujours le reflet de ma perception des choses. »

Au départ, elle s’inspire d’une situation, d’un vécu, d’une émotion, d’une discussion… Les thèmes qu’elle aborde sont donc aléatoires. « J’aime l’idée d’avoir un large choix de sujets à explorer, même si la nature et le vivant sont omniprésents. » Après avoir participé à des expositions collectives, elle se lance dans une exposition solo en octobre 2020 au Centre de ressources des arts actuels de Madagascar (Craam) à Ankatso, sous le titre Inside-Out. Une dizaine de tableaux réalisés principalement avec de l’aquarelle et des techniques mixtes. «  Cette exposition était une façon de me mettre à nue, d’explorer l’univers interne, l’inconscient : une découverte de soi en profondeur. J’ai essayé de représenter différents états d’esprit, des choses comme les tourments, les peurs, les choses qu’on recherche… en jouant sur le symbolisme des éléments représentés, combiné à un décor assez abstrait. »


Aina Zo Raberanto

Golden Hour
2021
Aquarelle sur papier 210 × 297 mm
Mon mur
2019
Encre sur papier 148 × 210 mm
Rebirth
Inside-Out 2020
Aquarelle et technique mixte sur papier 580 × 770 mm
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Conte de fake

Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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