Dany Be (1933-2021) : Pionnier du photojournalisme malgache
4 octobre 2021 // Photographie // 3496 vues // Nc : 141

Disparu en septembre dernier à l’âge de 88 ans, le photojournaliste Dany Be - de son vrai nom Daniel Félix Rakotoseheno - laisse derrière lui des milliers de photos retraçant l’histoire de Madagascar.

Disparu en septembre dernier à l’âge de 88 ans, le photojournaliste Dany Be - de son vrai nom Daniel Félix Rakotoseheno - laisse derrière lui des milliers de photos retraçant l’histoire de Madagascar. Il découvre la photo en 1955 dans l’armée française et travaille en tant que photographe dans l’ancien journal Le Courrier de Madagascar. Il est également correspondant pour des agences photo européennes. En 1959, il réalise son premier reportage « Antananarivo sous les eaux. » En 1975, il ouvre son propre studio-photo Sary avec Lucien Rajaona. En 1985, il créé un collectif de photographes et réalise une exposition au CITE à Ambatonakanga.

« Mon père se définissait comme photographe avant d’être journaliste. Il disait toujours qu’il faut oser, ne pas avoir peur. Il a toujours défendu le métier. Pour lui, la photographie ne doit pas être qu’une simple illustration, c’est elle qui donne à l’information sa véritable dimension », raconte son fils Rado Rakotoseheno. « Il a eu droit à une double page dans Paris Match en 1972 pour une photo représentant les événements de mai 1972 à Madagascar. Il a également couvert différents événements sportifs internationaux, notamment la victoire de Jean Louis Ravelomanantsoa aux Jeux Olympiques de Mexico en 1968. »

L’un des souhaits de Dany Be était de créer une photothèque rassemblant toutes les photos parlant de Madagascar. « C’était son plus grand rêve. En 2019, j’ai donc créé un site web où on peut retrouver ses photos. J’alimente le site petit à petit car il possède pleins de photos qu’il faut encore numériser et archiver. L’idée est aussi de réaliser une exposition virtuelle », confie son fils. La dernière exposition de Dany Be est celle sur le rugby à découvrir jusqu’au 21 novembre au Tahala Rarihasina à Analakely et au jardin d’Antaninarenina. « Il avait réalisé plusieurs reportages sur le rugby malgache de 1960 à 1980, un sujet qui lui tenait à cœur. »


Aina Zo Raberanto

Mahamasina
1ers Jeux de la Communauté (1960)
Rova vu du ciel
Le Boeing 707 d’Air Madagascar au retour de Paris-Tananarive sans escale (1967)
Fefy
Ras-le-bol de la jeunesse
Mahamasina

LE PHOTOJOURNALISME VU PAR…

Mamy Rael
« Trop d’autocensure »
« Je suis photojournaliste depuis 11 ans. C’est un métier qui me passionne malgré les difficultés. Nous ne sommes pas libres de faire des photos, nous sommes souvent contraints à de l’autocensure car notre société n’est pas encore prête à voir la réalité. Il y a de la peur ou parfois du dégoût. Il reste encore à apprendre aux Malgaches à interpréter dles photos. Pour ma part, c’est Dany Be qui m’a appris le métier. L’association ALJM (Association libre des journalistes de Madagascar) avait organisé un concours de journalisme où j’ai reçu le premier prix. À la suite de ce concours, j’ai eu l’honneur de côtoyer Dany Be régulièrement. »

Iako Randrianarivelo
« Un métier où il faut oser »
« Je suis photographe depuis 2012 mais professionnel depuis 2019. Je me suis spécialisé dans le documentaire et la photo de rue et plus tard dans le photojournalisme. Personnellement, je n’ai pas connu Dany Be. C’est mon entourage qui m’a permis de découvrir son travail. Il est réputé pour avoir été un témoin de l’histoire récente de Madagascar et un photographe audacieux. Je pense que c’est un trait de caractère pour réussir dans ce métier, ne pas avoir peur. Souvent les photos choquent ou heurtent la sensibilité des gens plus qu’un discours ou un plaidoyer, pourtant c’est la réalité. C’est peut-être pour cela que les photos ne sont pas mises en valeur dans les journaux, elles sont à peine visibles. Je pense qu’il faut donner plus de place à la photo et faire appel à des photojournalistes indépendants. Tout cela pourrait aider à faire évoluer les choses. »

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

Lire

26 août 2026

Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

La cosmétique turque a trouvé son ambassadrice à Madagascar. Golden Rose Style and Beauty vient de rouvrir dans un espace repensé, plus vaste et plus...

Edito
no comment - Fin de saison

Lire le magazine

Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

No comment Tv

Interview - L’Architecture du Goût - Août 2026 - NC 199

Découvrez L’Architecture du Goût, dans le no comment® NC 199 – août 2026.
À Antananarivo, deux univers créatifs se sont rencontrés autour d'une question simple : et si l'objet qui accompagne le repas transformait l'expérience même du goût ? L'Architecture du Goût, née de la collaboration entre le Studio ARRA et Kr.Atelier, propose une réponse aussi sensorielle que visuelle. Rencontre avec Ando Ramanantsoa et Kiady Ratovoson, les deux artistes qui redéfinissent l'art de la table.

Focus

Jazz@Tohatohabato

15e édition du festival Jazz@Tohatohabato, à Antananarivo du 5 au 9 août dernier
© Jazz@Tohatohabato

no comment - Jazz@Tohatohabato

Voir