Claudiane Zantera : L’affaire est dans le sac
10 octobre 2021 // Mode & Design // 7487 vues // Nc : 141

Pour se démarquer des créateurs d’accessoires de mode, Claudiane Zantera se lance dans la fabrication de sacs en mixant le wax et la maroquinerie. Sa marque baptisée Sibe Wax n’offre que des modèles uniques et haut de gamme.

Après avoir vécu dans plusieurs pays d’Afrique, notamment à N’Djamena au Tchad et à Niamey au Niger, Claudiane Zantera a décidé de poser ses valises en France, plus précisément à Paris, il y a quelques années.
À tout juste 25 ans, elle a depuis longtemps la fibre entrepreneuriale : « Ma mère travaillait dans la vente et moi, très jeune, je vendais du jus et de la canne à sucre à Toliara pendant les vacances scolaires. Puis j’ai suivi des études de commerce et fait des stages dans les domaines de la vente et de la mode pour acquérir des expériences dans la gestion d’entreprise. »
En parallèle avec ses études, elle s’est lancée dans la vente du wax, ce tissu africain inspiré du batik indonésien représentant des motifs colorés, sur les réseaux sociaux.
Au fil du temps, elle se rend compte que ce tissu peut être exploité autrement qu’à travers des vêtements. D’où l’idée de créer des sacs.

Pour sa marque Sibe Wax, elle choisit de combiner le cuir et le wax. « Chacun a son approche de ce tissu. Moi, c’est la maroquinerie. Le but est d’innover avec une qualité irréprochable. »

Elle choisit des matières haut de gamme, comme le cuir pleine fleur, une zone de la peau ayant la plus grosse densité de fibres, résistante et douce, et le cuir de vachette, souple et agréable au toucher. « Le sac est porté autant qu’il porte notre personnalité. » Au choix, cinq modèles allant du sac de voyage cabine au sac à dos ou à la sacoche unisexe, tous travaillés à partir de chutes de tissus avec des motifs originaux. « Nous travaillons avec un styliste dessinateur avec qui nous partageons nos idées. Nous achetons les accessoires, les tissus et nous commençons par un prototype. Une fois qu’il est validé, nous lançons la production. »

Chaque sac est inspiré par ses multiples voyages, notamment l’Afrique. On trouve par exemple, le sac à dos Kintana (Étoile) au design branché avec différents rangements ou le petit sac en bandoulière Baobab plein de couleurs. Mais se lancer sans l’entrepreneuriat n’est pas toujours facile. Claudiane a rencontré quelques difficultés qu’elle surmonté avec l’aide de son compagnon, de sa famille et surtout de sa passion. « J’ai formé une petite équipe qui ont adhéré facilement au projet Sibe Wax et nous avons lancé l’aventure en octobre 2019. Avant de démarrer le projet, nous avons fait face à une grosse difficulté financière, alors nous y sommes allés progressivement en proposant d’abord à nos clients des prototypes d’une dizaine de quantité. À notre grande surprise, les sacs se sont vendus très rapidement ! Ensuite, nous avons pu passer à une production d’une cinquantaine de sacs grâce à l’investissement de départ. Et aujourd’hui, le projet est autofinancé » Mais la route est encore longue et manifestement, la dame a plus d’un tour dans son sac.


Aina Zo Raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - FIM 2026 : Madagascar en mouvement

Lire

8 mai 2026

FIM 2026 : Madagascar en mouvement

Le CCI Ivato a ouvert ses portes hier pour la 27e édition de la Foire internationale de Madagascar. Le thème choisi — « Madagascar en mouvement : les...

Edito
no comment - Travail, travail, travail… mais lequel ?

Lire le magazine

Travail, travail, travail… mais lequel ?

Le 1er mai, à Madagascar, certains se lèvent à l'aube pour aller… travailler. Pas par oubli du calendrier, mais par nécessité. Il y a quelque chose de presque philosophique là-dedans. Depuis des décennies, le monde entier célèbre ce jour comme une victoire arrachée de haute lutte — Chicago, 1886, le sang des ouvriers sur les pavés, la semaine de huit heures comme horizon promis. Belle histoire. Sauf qu'ici, à Antananarivo comme à Tamatave, la question n'est pas tant de combien d'heures on travaille, mais bien de combien de travaux on jongle simultanément. Prenez ce vieux Mamy. Fonctionnaire le matin, revendeur de crédit téléphonique l'après-midi, et le week-end — discret, mais régulier — petit élevage de poulets en banlieue. Trois activités, un seul homme, zéro fiche de paie qui suffise. Ce n'est pas de l'ambition, c'est de la survie érigée en système. On appelle ça « avoir plusieurs cordes à son arc », expression polie pour désigner une réalité que beaucoup connaissent sans jamais nommer.Car le vrai travail malgache, celui qui fait tourner les familles, se passe rarement sous les projecteurs des statistiques officielles. Il est informel, inventif, insaisissable. Un peu comme ce personnage de Sisyphe — mais version optimiste : Sisyphe qui, en remontant son rocher, aurait trouvé le moyen de vendre des cacahuètes sur le chemin. Alors pour ce 1er mai, fêtons le travail — tous les travaux. Celui qu'on déclare et celui qu'on tait. Celui du contrat et celui du débrouillard. Avec une pensée particulière pour tous ceux qui, aujourd'hui encore, n'auront pas le luxe de s'arrêter pour célébrer. La fête du Travail leur appartient aussi. Peut-être même surtout.Solofo Ranaivo

No comment Tv

Interview - Ferme de la Jungle - Avril 2026 - NC 195

Découvrez la Ferme de la Jungle, dans le no comment ® NC 195 – avril 2026
Nichée à Ambohimanarina, en plein cœur d’Antananarivo, la Ferme de la Jungle de Rajaonarivony Christian offre une escapade nature surprenante : eau, verdure et animaux rares sur près de 5 hectares. Pêche, pique-nique, visites guidées… le site peut accueillir jusqu’à 300 personnes.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir