Claudiane Zantera : L’affaire est dans le sac
10 octobre 2021 // Mode & Design // 6633 vues // Nc : 141

Pour se démarquer des créateurs d’accessoires de mode, Claudiane Zantera se lance dans la fabrication de sacs en mixant le wax et la maroquinerie. Sa marque baptisée Sibe Wax n’offre que des modèles uniques et haut de gamme.

Après avoir vécu dans plusieurs pays d’Afrique, notamment à N’Djamena au Tchad et à Niamey au Niger, Claudiane Zantera a décidé de poser ses valises en France, plus précisément à Paris, il y a quelques années.
À tout juste 25 ans, elle a depuis longtemps la fibre entrepreneuriale : « Ma mère travaillait dans la vente et moi, très jeune, je vendais du jus et de la canne à sucre à Toliara pendant les vacances scolaires. Puis j’ai suivi des études de commerce et fait des stages dans les domaines de la vente et de la mode pour acquérir des expériences dans la gestion d’entreprise. »
En parallèle avec ses études, elle s’est lancée dans la vente du wax, ce tissu africain inspiré du batik indonésien représentant des motifs colorés, sur les réseaux sociaux.
Au fil du temps, elle se rend compte que ce tissu peut être exploité autrement qu’à travers des vêtements. D’où l’idée de créer des sacs.

Pour sa marque Sibe Wax, elle choisit de combiner le cuir et le wax. « Chacun a son approche de ce tissu. Moi, c’est la maroquinerie. Le but est d’innover avec une qualité irréprochable. »

Elle choisit des matières haut de gamme, comme le cuir pleine fleur, une zone de la peau ayant la plus grosse densité de fibres, résistante et douce, et le cuir de vachette, souple et agréable au toucher. « Le sac est porté autant qu’il porte notre personnalité. » Au choix, cinq modèles allant du sac de voyage cabine au sac à dos ou à la sacoche unisexe, tous travaillés à partir de chutes de tissus avec des motifs originaux. « Nous travaillons avec un styliste dessinateur avec qui nous partageons nos idées. Nous achetons les accessoires, les tissus et nous commençons par un prototype. Une fois qu’il est validé, nous lançons la production. »

Chaque sac est inspiré par ses multiples voyages, notamment l’Afrique. On trouve par exemple, le sac à dos Kintana (Étoile) au design branché avec différents rangements ou le petit sac en bandoulière Baobab plein de couleurs. Mais se lancer sans l’entrepreneuriat n’est pas toujours facile. Claudiane a rencontré quelques difficultés qu’elle surmonté avec l’aide de son compagnon, de sa famille et surtout de sa passion. « J’ai formé une petite équipe qui ont adhéré facilement au projet Sibe Wax et nous avons lancé l’aventure en octobre 2019. Avant de démarrer le projet, nous avons fait face à une grosse difficulté financière, alors nous y sommes allés progressivement en proposant d’abord à nos clients des prototypes d’une dizaine de quantité. À notre grande surprise, les sacs se sont vendus très rapidement ! Ensuite, nous avons pu passer à une production d’une cinquantaine de sacs grâce à l’investissement de départ. Et aujourd’hui, le projet est autofinancé » Mais la route est encore longue et manifestement, la dame a plus d’un tour dans son sac.


Aina Zo Raberanto

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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