Young Birding Association : Cri d’alerte
4 mai 2025 // Nature // 4185 vues // Nc : 184

Pour protéger les oiseaux à Madagascar, quatre personnes passionnées ont fondé Young Birding Association. Aujourd’hui, à cinq ans d’existence, ils font découvrir, sensibilisent et révèlent les secrets de ces animaux dont la valeur est souvent ignorée. Rencontre avec Lova Dinah Sahondramirantsoa, secrétaire de l’association.

Une aide aux oiseaux ?
Nous sommes quatre avec Billy Rakotomanga, le président, Santatra Tontotrasa et Mihaja Randrianjaka. Ils sont tous les trois spécialisés dans l’étude des oiseaux. Nous avons remarqué que certains oiseaux à Madagascar commencent à être en voie de disparition : ce sont le Helmet Vanga, le Long tailed ground roller et le Red owl — les trois sont sur notre logo.

Il n’y a pas vraiment d’initiative nationale pour les protéger. Pourtant, les oiseaux contribuent au développement du tourisme à Madagascar. Si la saison du tourisme classique est ouverte d’avril à septembre, celle entre novembre et avril est destinée à ceux qui aiment observer les animaux en hibernation et les oiseaux. On parle par exemple de flamants roses à Tsimanampetsotsa. La partie d’Andasibe et Belo sur Mer sont également de vrais repères d’oiseaux.

Une approche spéciale ?
Nous avons remarqué que les jeunes commençaient à s’intéresser aux questions de préservation des oiseaux. Nous faisons des sensibilisations tout en leur apprenant la fonction reproductrice de ces animaux. Les oiseaux apportent la graine à semer pour certains arbres. Pour le baobab, par exemple, c’est la graine que l’oiseau a consommée, digérée et rejetée qui le permet de se reproduire. Pour cette raison, les oiseaux ont une grande responsabilité dans la protection de l’environnement.

Nous sensibilisons ainsi sur leur préservation, à travers des techniques qui correspondent aux locaux, pour que cela ne devienne pas une menace pour leur quotidien. Nous organisons aussi des visites gratuites pour les jeunes afin qu’ils aient des notions en plus. Ce sont des programmes de renforcement de capacité mais aussi de découverte que nous organisons nous-mêmes. Et vu que nous sommes dans le tourisme, nous proposons aussi un circuit de découverte aux agences de voyages.

©photo : Young Birding Association

Chacun sa fonction ?
Hormis sa fonction reproductrice, chaque oiseau a un rôle. Par exemple, le Madagascar Pochard (Aythya innotata) a une responsabilité écologique à travers la régulation aquatique : elle se nourrit d’algues, de plantes aquatiques et de petits invertébrés, contribuant à maintenir l’équilibre des zones humides. Elle joue un rôle dans la dissémination de graines aquatiques, favorisant la diversité végétale. Nous avons aussi le Madagascar Red Owl (Tyto soumagnei), un prédateur nocturne de petits mammifères et d’insectes, elle aide à contrôler les populations de rongeurs dans les forêts, évitant les déséquilibres dans les écosystèmes forestiers.

Elle vit dans des habitats forestiers préservés et sa disparition signale une dégradation grave. Le Sakalava Rail (Zapornia olivieri) qui est insectivore est un petit prédateur, il participe à la régulation de petits invertébrés aquatiques. C’est une espèce parapluie : sa protection entraîne celle d’autres espèces vivant dans les mêmes marécages. Ce sont tous des oiseaux endémiques menacés à Madagascar.

Quelles sont ses réelles menaces ?
La vraie menace des oiseaux est leur domestication : par manque de moyens, certaines personnes les capturent et les vendent dans la capitale ou ailleurs. L’exploitation est aussi assez commune. À ces menaces s’ajoutent les prédateurs et les variations de l’environnement. Nos objectifs se résument en trois mots : prévention, protection et préservation. Dans nos sensibilisations, nous parlons de l’effet de la capture sur le développement de ces volatiles et de leur besoin d’espace. Nos projets, sur les deux années à venir, sont de continuer les renforcements de capacité dans un but global de donner de l’emploi aux jeunes des localités concernées afin qu’ils puissent accueillir les touristes. Nous travaillons également sur les contributions financières et matérielles pour que ces jeunes puissent, à leur tour, former et faire découvrir la valeur des oiseaux et de l’environnement en général.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Contact : +261 33 28 118 03/+261 38 06 356 96

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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