Voahary Madagascar : La passion du raphia
8 décembre 2020 // Mode & Design // 8498 vues // Nc : 131

Créée en 2018 par Mino Randrianasolo, la marque Voahary Madagascar se distingue par des accessoires et des objets de décoration en raphia combinant qualité et originalité. Des pièces uniquement faites main pour rehausser l’artisanat local.

Passionnée par l’artisanat, les accessoires ou objets faits main, Mino Randrianasolo s’est lancée dans l’entrepreneuriat à travers sa marque Voahary Madagascar. Depuis deux ans, elle crée des sacs, des accessoires et des objets de décoration en raphia. « Je suis toujours étonnée de voir à quel point, il est possible de créer de belles choses avec les fibres naturelles. Le raphia s’est donc imposée à moi… naturellement ! » Pourquoi le nom Voahary ? « Ce mot signifie nature ou création. C’est également le nom de mon premier enfant. Je n’ai pas mis longtemps à choisir le nom de la marque. »

L’aventure Voahary commence dans sa maison à Ankadifotsy, qu’elle a aménagée en atelier. C’est dans cet espace somme toute restreint que ses grandes idées et superbes créations se sont développées. « Avec le raphia, il est possible de confectionner des produits de qualité, notamment des sacs, des tapis, des chapeaux, des paniers et même des packagings pour emballer des produits de luxe. » Si au départ, Mino n’avait aucune expérience dans le domaine de l’artisanat, aujourd’hui, elle est déjà bien rodée surtout dans le choix de la qualité de la matière première. « Le bon raphia est épais et lisse. Dans le cas où il est un peu fourchu, on l’utilise pour des rembourrages. » Mais la qualité de ses produits est également assurée par son équipe d’artisans, hommes et femmes. « Je ne suis pas dans cette optique de ne travailler qu’avec femmes. J’ai un couturier et quelqu’un qui travaille le crochet et un autre en situation de handicap. Tant que les personnes sont motivées, je les recrute. »

Se lancer dans l’entrepreneuriat n’a pas été facile et continuer à produire, surtout pendant la crise sanitaire, n’a pas été évident. Mais, la jeune femme a su rebondir en collaborant avec une autre marque locale, les 3LP (3 Ladies Pirates) dirigée par Samira Moumini. « Nous nous sommes rencontrées lors d’un échange sur l’entrepreneuriat. Une cliente de Samira voulait une pochette en raphia et lambahoany (cotonnade), nous l’avons réalisée et nous avons vu que le rendu était génial. » Les deux créatrices fusionnent leur savoir-faire en créant trois modèles de sacs en raphia et lambahoany. Viavy a vu le jour après le confinement, une marque qui rend hommage aux femmes et portent les noms de Gisèle, en référence à Gisèle Rabesahala, la toute première ministre de Madagascar, Binao, une reine Sakalava, et Suzy, en mémoire à l’écrivaine Suzy Andry.

Ces deux créatrices sont des modèles à suivre dans le monde de l’entrepreneuriat à Madagascar puisqu’elles font partie des 50 femmes retenues sur 300 candidatures pour le programme Women Innovative Leaders And Entrepreneurs 2020 qui agissent dans le digital. Voulant donner plus de valeur à sa marque, Mino a déménagé son atelier dans le quartier de Faravohitra. « Je souhaite bien sûr promouvoir mes produits mais aussi ceux des marques qui partagent les mêmes valeurs que nous. » Elle compte enfin s’implanter en France pour faciliter sa distribution et produire une vingtaine de pièces pour le marché européen. « C’est un travail de longue haleine mais pour moi, il n’est pas question d’abandonner puisque je n’ai jamais baissé les bras face aux difficultés ! »

Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Restauration : Palissandre joue la carte de la liberté

Lire

13 juin 2026

Restauration : Palissandre joue la carte de la liberté

Liberté. Le mot est lâché, et il résume tout. Vendredi 12 juin, l'hôtel Palissandre à Faravohitra a dévoilé sa nouvelle carte — un exercice annuel que...

Edito
no comment - Exister en malgache

Lire le magazine

Exister en malgache

Juin à Madagascar, c'est un mois qui déborde. La langue, l'enfant, l'indépendance — trois célébrations bousculées dans trente jours, comme si le calendrier avait, lui aussi, quelque chose à dire. Et si ce n'était pas un hasard ? Ces trois commémorations racontent, au fond, la même histoire : celle d'un peuple qui cherche, depuis 1960, à exister pleinement sur ses propres termes. Pas seulement dans les discours officiels et les défilés — dans la vie réelle, quotidienne, celle qui se joue désormais aussi sur un écran.Car le vrai terrain de la souveraineté culturelle s'est déplacé. Il est numérique, algorithmique, et aussi impitoyable. Une langue absente du web est une langue que le monde n'entend pas — et qu'il finit par oublier. Le malgache, parlé par trente millions de personnes, riche d'une histoire linguistique qui traverse les siècles et trois océans, mérite mieux que l'invisibilité numérique. L'initiative Wikiteny — atelier consacré à l'enrichissement des contenus en malgache sur internet — est allée dans ce sens. Ce type d'initiative doit être multiplié, amplifié, soutenu. Sans attendre.C'est là, précisément, que la langue rejoint l'économie. Une identité qui ne se raconte pas, c'est une culture qui ne se monétise pas — un savoir-faire qui reste sans vitrine. Madagascar exporte sa vanille, ses textiles, sa biodiversité unique. Mais que fait-on de l'autre richesse, l'immatérielle, celle qui ne figure dans aucune balance commerciale et qui, pourtant, vaut de l'or ? Soixante-quatre ans après l'indépendance, la vraie souveraineté se joue peut-être là : dans la capacité à dire qui nous sommes, en malgache — et à faire en sorte que le monde l'entende. Haut et fort.Solofo Ranaivo

No comment Tv

Interview - M'iray Kalo - Juin 2026 - NC 197

Découvrez M'iray Kalo dans le no comment® NC 197 – juin 2026
M’iray Kalo est un groupe de 15 jeunes qui font du kalon’ny fahiny. Ces chanteurs et musiciens, âgés entre 18 et 35 ans ressuscitent ce style musical qu’on croyait condamné aux vieux salons, aux vieux papis et mamies à la retraite depuis des lustres

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir