Voahary Madagascar : La passion du raphia
8 décembre 2020 // Mode & Design // 10111 vues // Nc : 131

Créée en 2018 par Mino Randrianasolo, la marque Voahary Madagascar se distingue par des accessoires et des objets de décoration en raphia combinant qualité et originalité. Des pièces uniquement faites main pour rehausser l’artisanat local.

Passionnée par l’artisanat, les accessoires ou objets faits main, Mino Randrianasolo s’est lancée dans l’entrepreneuriat à travers sa marque Voahary Madagascar. Depuis deux ans, elle crée des sacs, des accessoires et des objets de décoration en raphia. « Je suis toujours étonnée de voir à quel point, il est possible de créer de belles choses avec les fibres naturelles. Le raphia s’est donc imposée à moi… naturellement ! » Pourquoi le nom Voahary ? « Ce mot signifie nature ou création. C’est également le nom de mon premier enfant. Je n’ai pas mis longtemps à choisir le nom de la marque. »

L’aventure Voahary commence dans sa maison à Ankadifotsy, qu’elle a aménagée en atelier. C’est dans cet espace somme toute restreint que ses grandes idées et superbes créations se sont développées. « Avec le raphia, il est possible de confectionner des produits de qualité, notamment des sacs, des tapis, des chapeaux, des paniers et même des packagings pour emballer des produits de luxe. » Si au départ, Mino n’avait aucune expérience dans le domaine de l’artisanat, aujourd’hui, elle est déjà bien rodée surtout dans le choix de la qualité de la matière première. « Le bon raphia est épais et lisse. Dans le cas où il est un peu fourchu, on l’utilise pour des rembourrages. » Mais la qualité de ses produits est également assurée par son équipe d’artisans, hommes et femmes. « Je ne suis pas dans cette optique de ne travailler qu’avec femmes. J’ai un couturier et quelqu’un qui travaille le crochet et un autre en situation de handicap. Tant que les personnes sont motivées, je les recrute. »

Se lancer dans l’entrepreneuriat n’a pas été facile et continuer à produire, surtout pendant la crise sanitaire, n’a pas été évident. Mais, la jeune femme a su rebondir en collaborant avec une autre marque locale, les 3LP (3 Ladies Pirates) dirigée par Samira Moumini. « Nous nous sommes rencontrées lors d’un échange sur l’entrepreneuriat. Une cliente de Samira voulait une pochette en raphia et lambahoany (cotonnade), nous l’avons réalisée et nous avons vu que le rendu était génial. » Les deux créatrices fusionnent leur savoir-faire en créant trois modèles de sacs en raphia et lambahoany. Viavy a vu le jour après le confinement, une marque qui rend hommage aux femmes et portent les noms de Gisèle, en référence à Gisèle Rabesahala, la toute première ministre de Madagascar, Binao, une reine Sakalava, et Suzy, en mémoire à l’écrivaine Suzy Andry.

Ces deux créatrices sont des modèles à suivre dans le monde de l’entrepreneuriat à Madagascar puisqu’elles font partie des 50 femmes retenues sur 300 candidatures pour le programme Women Innovative Leaders And Entrepreneurs 2020 qui agissent dans le digital. Voulant donner plus de valeur à sa marque, Mino a déménagé son atelier dans le quartier de Faravohitra. « Je souhaite bien sûr promouvoir mes produits mais aussi ceux des marques qui partagent les mêmes valeurs que nous. » Elle compte enfin s’implanter en France pour faciliter sa distribution et produire une vingtaine de pièces pour le marché européen. « C’est un travail de longue haleine mais pour moi, il n’est pas question d’abandonner puisque je n’ai jamais baissé les bras face aux difficultés ! »

Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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