Rova Barinirina « Mada brûle, Tana tousse »
7 novembre 2020 // Nature // 6321 vues // Nc : 130

Si la capitale a retrouvé un air propre durant le confinement, la reprise des activités signe le retour de la pollution. Elle est impliquée dans un décès sur six chaque année à Madagascar, explique Rova Barinirina, responsable du développement et suivi évaluation de l’ONG Initiative pour le développement, la restauration écologique et l’innovation (Indri).

Peut-on dire que la pollution est la principale cause de décès dans le monde ?
Selon Drew McCartor, co-auteur du Plan d’action en matière santé et de pollution de Madagascar, la pollution tue dans le monde plus de gens que la guerre, la faim, le paludisme, le Sida et la tuberculose.  Notre pays ne fait pas exception, et c’est la pollution de l’air qui est la plus grave sur le plan sanitaire, reliée à un décès sur six chaque année. En cause, la cuisson des briques, les eux de déchets, les véhicules mal entretenus, le carburant de mauvaise qualité, les centrales thermiques… En septembre et octobre, les habitants des hauts plateaux respirent aussi beaucoup de fumée provenant des feux de végétation, souvent sans s’en apercevoir.

La pollution des zones rurales rejaillit sur les villes…
Chaque année, Madagascar brûle. Les feux se multiplient pour renouveler les pâturages, nettoyer les champs ou pratiquer l’agriculture sur brûlis. Certains échappent à tout contrôle. On pourrait croire que cela est trop loin pour toucher les zones urbaines, mais pas du tout. Les particules fines sont transportées par le vent et se retrouvent dans les villes.

Ces fumées viennent s’ajouter aux pollutions déjà présentes, et les concentrations de particules fines explosent même dans les quartiers éloignés du trafic routier. La fumée est partout, jusque dans les habitations. Le 1er octobre dernier, suite à d’importants feux de végétation dans la région d’Analamanga, l’ONG Indri a mesuré des concentrations de particules fines dix fois supérieures aux normes fixées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), même loin des axes routiers.

Quelles sont les conséquences pour la santé ?
En plus de constituer un désastre écologique (recul des forêts, dégradation des sols, érosion, etc.), les feux sont à l’origine d’un grave problème sanitaire. La revue scientifique The Lancet alertait en janvier 2020 sur les feux qui frappaient l’Australie, indiquant que les taux de particules fines constatés pourraient causer une surmortalité de 5,6 %, un accroissement des maladies cardiovasculaires et respiratoires, des impacts graves sur les grossesses et même sur le cerveau. La situation constatée à Tana, bien que moins étudiée, pourrait s'avérer aussi grave d’autant qu’elle se répète chaque année.

Quelles solutions pour palier ces problèmes ?
Le risque sanitaire ne peut plus être ignoré. Alors que depuis 1990, Madagascar a réussi à faire baisser la mortalité liée aux maladies transmissibles, les pathologies causées par la pollution de l’air continuent d’augmenter. Pour renverser cette tendance, il est indispensable de s’attaquer à la fois à la pollution automobile (qualité des carburants, contrôle technique des véhicules, transports propres) et au problème des feux resté non résolu depuis des décennies. Sur ce dernier problème, Madagascar dispose de nombreux acteurs compétents et volontaires (administrations, ONG, société civile, secteur privé, chercheurs, bailleurs de fonds) investis dans la gestion des paysages et des forêts. Si le pays échoue, ce ne sera donc pas par manque de capacité, mais à cause d’un éparpillement des actions.

Justement, quelles sont les actions menées par l’Indri ?  
En tant que think and do tank (groupe de réflexions) malgache, l’Indri espère soutenir les autorités et tous les acteurs concernés dans leurs efforts pour faire émerger une stratégie collective face à cet enjeu capital. C’est le sens de la plateforme Agora des paysages et des forêts en préparation. Nous en sommes convaincus, si nous sommes unis et déterminés, l’intelligence collective du pays peut nous permettre de restaurer nos écosystèmes et de rendre à la population un air de qualité.

Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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