Rija Tram : Cuisinier au grand cœur
4 mars 2021 // Diaspora // 2967 vues // Nc : 134

À Cachan, en Région parisienne, son restaurant « Soa6Gasy » est devenu le lieu incontournable des amateurs de spécialités de la Grande ÎIe. Chef de renommée internationale, Rija Tram est également un homme de cœur, toujours prêt à se mettre au service de ceux qui ont en besoin.

Rija Tram ou Rija Rakotondranibe a acquis les bases en travaillant plusieurs années dans une grande chaîne de restauration française. Le reste, il l’a appris seul en adaptant et en travaillant des recettes glanées par-ci par-là. Sa passion pour la cuisine est venue tardivement, il y a six ou sept ans. « J’ai commencé par préparer des goûters pour mes enfants, puis j’ai préparé des plats pour ma famille en soignant particulièrement le dressage. Mes proches m’ont encouragé, et de fil en aiguille j’en ai fait ma profession. » En 2015, il ouvre sa société de service traiteur Soa6Gasy (lire « Saucisse malgache ») puis il a l’opportunité d’ouvrir son restaurant en 2020 à Cachan, berceau de la communauté malgache en France.

Comme son nom l’indique, la spécialité de ce chef cuisinier, c’est la saucisse locale qu’il décline à base de viande de porc, de bœuf et fumée.

« La saucisse malgache est la première spécialité que j’ai travaillée. Donc, c’est tout naturellement que j’ai adopté ce nom, mais j’y ai mis ma touche personnelle car je voulais qu’on retrouve une des grandes valeurs des Malgaches, la soatoavina (tradition), d’où le nom « soa » et l’unité de Madagascar, d’où le chiffre six en référence aux six provinces. »

Son établissement est un véritable lieu de rencontres pour ceux qui sont nostalgiques de la cuisine malgache. Des saveurs authentiques, des plats revisités et qui font voyager. « Je propose de la street food malgache comme le look’s (tête de cochon), les masikita (brochettes) et sauce voanjo (arachide), la soupe tongotr’omby (soupe de pied de zébu), la soupe soucril (soupe au pénis de zébu), les mofo baolina (beignets)… Je reconstitue autant que possible des sensations que bon nombre d’entre nous ont vécu au pays et veulent revivre de loin. » Amoureux de la cuisine, Rija Tram est aussi un homme de cœur. Comme son restaurant a été ouvert deux jours avant le confinement, il propose de mettre son savoir-faire au service des étudiants.

« Mon établissement est situé juste à côté du Foyer Universitaire et nous avons donc décidé d’offrir régulièrement des repas aux étudiants. Nous proposons aussi des plats à emporter et la livraison sur Cachan. » Pour lui, l’entraide est précieuse. Il s’est porté volontaire pour financer l’équipement de la délégation malgache aux Jeux Olympiques de Beijing en 2008 et a également apporté son soutien aux sinistrés du cyclone qui a ravagé les côtes de Madagascar en 2011. Pour satisfaire les gourmands, le chef compte agrandir son restaurant et prépare quelques projets qu’il nous dévoilera en temps utiles !


Propos recueillis par  Aina Zo Raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - FIM 2026 : Madagascar en mouvement

Lire

8 mai 2026

FIM 2026 : Madagascar en mouvement

Le CCI Ivato a ouvert ses portes hier pour la 27e édition de la Foire internationale de Madagascar. Le thème choisi — « Madagascar en mouvement : les...

Edito
no comment - Travail, travail, travail… mais lequel ?

Lire le magazine

Travail, travail, travail… mais lequel ?

Le 1er mai, à Madagascar, certains se lèvent à l'aube pour aller… travailler. Pas par oubli du calendrier, mais par nécessité. Il y a quelque chose de presque philosophique là-dedans. Depuis des décennies, le monde entier célèbre ce jour comme une victoire arrachée de haute lutte — Chicago, 1886, le sang des ouvriers sur les pavés, la semaine de huit heures comme horizon promis. Belle histoire. Sauf qu'ici, à Antananarivo comme à Tamatave, la question n'est pas tant de combien d'heures on travaille, mais bien de combien de travaux on jongle simultanément. Prenez ce vieux Mamy. Fonctionnaire le matin, revendeur de crédit téléphonique l'après-midi, et le week-end — discret, mais régulier — petit élevage de poulets en banlieue. Trois activités, un seul homme, zéro fiche de paie qui suffise. Ce n'est pas de l'ambition, c'est de la survie érigée en système. On appelle ça « avoir plusieurs cordes à son arc », expression polie pour désigner une réalité que beaucoup connaissent sans jamais nommer.Car le vrai travail malgache, celui qui fait tourner les familles, se passe rarement sous les projecteurs des statistiques officielles. Il est informel, inventif, insaisissable. Un peu comme ce personnage de Sisyphe — mais version optimiste : Sisyphe qui, en remontant son rocher, aurait trouvé le moyen de vendre des cacahuètes sur le chemin. Alors pour ce 1er mai, fêtons le travail — tous les travaux. Celui qu'on déclare et celui qu'on tait. Celui du contrat et celui du débrouillard. Avec une pensée particulière pour tous ceux qui, aujourd'hui encore, n'auront pas le luxe de s'arrêter pour célébrer. La fête du Travail leur appartient aussi. Peut-être même surtout.Solofo Ranaivo

No comment Tv

Interview - Ferme de la Jungle - Avril 2026 - NC 195

Découvrez la Ferme de la Jungle, dans le no comment ® NC 195 – avril 2026
Nichée à Ambohimanarina, en plein cœur d’Antananarivo, la Ferme de la Jungle de Rajaonarivony Christian offre une escapade nature surprenante : eau, verdure et animaux rares sur près de 5 hectares. Pêche, pique-nique, visites guidées… le site peut accueillir jusqu’à 300 personnes.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir