Projet DIHY : Alors, on danse !
12 mai 2024 // Arts de la scène // 10398 vues // Nc : 172

Leur dernier spectacle Betro Elektriky a secoué le milieu culturel dans le cadre du festival Temps Fort Danse en septembre dernier. Pour la suite, le Projet DIHY va monter une comédie musicale. Pour découvrir les coulisses de ces créations, nous avons approché Harivola Rakotondrasoa, directeur artistique de Projet DIHY.

Pourquoi les arts de la scène ?
C’est Junior Zafialison qui a eu le projet de former dix danseurs en 2012, et j’en faisais partie. Nous apprenions les bases techniques, la danse classique, le modern jazz et la danse contemporaine. Il m’a ensuite confié l’association. Pour nos spectacles, on travaille souvent avec différents artistes comme des musiciens et des comédiens, entre autres. Ce qui fait que nous avons commencé des formations régulières en danse, théâtre, cirque et chant, ce sont les formations « Danse et Scène ». Nos cours ont des formats de workshop, et ils sont tous complémentaires. À part ces formations régulières, nous donnons des spectacles, offrons des stages et des ateliers, souvent pendant nos tournées.

Qu’en est-il de la formation modulaire ?
Depuis novembre 2023, il y a un module de formation par mois. En novembre, c’était la comédie musicale avec Hery Ratsimbazafy, danse ethnique avec José Njiva, et arts créatifs avec Hikiasy.

Pour le second module en décembre, c’était la danse maray avec Julie Iarisoa, danse contemporaine avec Nazaria Tooj, et théâtre avec Louis Zo Rabearison. Pour le troisième module, ce sont des cours de chant avec Odon, du waacking avec Lovaniavo, et le hip-hop avec Marin. Pour le troisième module en février dernier, c’étaient l’afro house, le cirque, et la danse de salon. De la danse thérapie avec Valentino Bifulco et l’urban mix & dance challenge avec René Farnesi pour le quatrième module. Ces formations sont en fait une démarche pour préparer la comédie musicale en juillet. Jusqu’ici, 15 personnes ont participé aux trois modules. Pour la comédie musicale, il y aura à peu près 25 à 30 personnes dont des musiciens et une équipe artistique pour préparer le spectacle.

Et la formation Elatra ?
C’est une formation professionnelle, la troisième édition aura lieu en 2025. Cette formation a lieu à Antananarivo, avec des formateurs expérimentés et professionnels. Elle dure deux semaines et s’adresse aux danseurs professionnels. Elle a permis d’aider des artistes émergents à se professionnaliser, et maintenant ils sont devenus formateurs ou font des spectacles, ils ont trouvé leur chemin. C’est aussi un héritage, à la fin d’une édition, nous invitons ceux qui ont participé à l’édition précédente au spectacle, ça montre qu’ils sont toujours motivés pour travailler ensemble.

Quel est votre apport pour les arts de la scène à Madagascar ?
Ici, il y a un manque de moyens techniques et financiers, pour permettre aux artistes de travailler et d’avoir plus de temps pour créer, pour préparer un spectacle ou un projet. Ça se voit dans le résultat. Nous voulons justement travailler sur le long terme, et avec des moyens dédiés au projet pour créer quelque chose qui sort du lot et qui sort du public. Nous travaillons avec Hetsika Madagascar, c’est la structure qui nous aide à organiser toutes nos activités. Nous avons aussi recours au financement participatif, et chaque année nous cherchons des mécènes pour travailler avec nous.

Les développements futurs ?
A part la comédie musicale, cette année nous ferons une tournée des Alliances Françaises avec une pièce que nous avons présentée lors d’un festival à Diego. Notre objectif c’est aussi d’avoir un lieu pour travailler et réaliser tous nos projets, et d’inviter tous les artistes qui veulent collaborer. Cet endroit, la maison sociale des arts, n’est pas fait pour des cours de danse mais nous adaptons cet espace qui existe déjà. Dans cinq ans, on espère avoir notre propre espace.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina
Facebook : PROJET D.I.H.Y.
Contact : +261 34 61 113 85

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Evénement : Vide-Grenier by ViD'EO séduit le public

Lire

5 octobre 2026

Evénement : Vide-Grenier by ViD'EO séduit le public

Nirina Poiron, co-fondatrice de ViD'EO — plateforme malgache de vente et d'achat d'articles de seconde main entre particuliers, inspirée du modèle Vin...

Edito
no comment - Naturellement intelligents

Lire le magazine

Naturellement intelligents

Ce mois d'octobre, pendant que certains débattent encore de savoir si l'IA va « prendre leur travail », des lycéens malgaches de 13 à 17 ans sont à Séoul pour le First Global Challenge, prêts à en découdre avec les meilleurs cerveaux robotiques de 190 pays. En novembre, la Team CERISE de l'Ecole Nationale Informatique de Fianarantsoa reprend l'avion pour le Robotex International, catégorie Lego Sumo 3kg open — des sumos en lego, précision utile, même si le principe reste le même que l'original japonais. Et pendant ce temps, nos geeks locaux s'attaquent à des IA from scratch, c'est-à-dire construites de zéro, sans filet, sans modèle préfabriqué. Même les mpanandro — nos astrologues traditionnels gardiens du Fanandroana depuis des siècles — ont désormais un interlocuteur numérique avec OANA, une application qui veut rendre l'astrologie malgache accessible à tous sans déposséder les maîtres du calendrier. On appellera ça la modernité avec respect des anciens. Ou de l'audace bien élevée.Mais voilà — et c'est là que le professeur en nous reprend la parole — une machine qui pense vite ne pense pas forcément juste. L'IA est un marteau formidable, à condition de ne pas s'en servir pour planter des vis. Elle assiste, amplifie, accélère — elle ne remplace pas le jugement, la nuance, ni cette petite chose qu'on appelle l'expérience. Confier son devoir, son diagnostic ou sa stratégie d'entreprise à un algorithme sans en vérifier la cohérence, c'est un peu comme demander à un GPS de choisir votre métier. Nos jeunes qui construisent leurs robots et leurs IA de zéro l'ont compris avant beaucoup d'adultes — la vraie intelligence artificielle commence par une vraie intelligence naturelle.

No comment Tv

Interview - Ravo Raboanarison - Août 2026 - NC 199

Découvrez Ravo Raboanarison, violoniste, dans le no comment® NC 200 – septembre 2026
La scène du classique et du jazz connaît Ravo Raboanarison — notamment pour avoir tenu le premier violon au sein du Quatuor & Squad. Mais depuis quelques temps, cet archet-là ne se laisse plus enfermer dans un seul registre. Vingt-trois ans de pratique, et une conviction qui s'est imposée progressivement : le violon peut aller bien au-delà du classique.

Focus

Salon de l'auto 2026

Salon de l'auto 2026 au CCI Ivato

no comment - Salon de l'auto 2026

Voir