« Petite Melody » La musique de l’enfance
5 mars 2022 // Cinéma // 7138 vues // Nc : 146

Dina Nomena Andriarimanjaka a remporté le premier prix de « 7 jours pour 1 film ». Un « rêve d’enfant » qu’elle a pu réaliser (en sept jours !) à travers cet atelier de promotion du cinéma africain au féminin.

Pourquoi « Petite Melody » ?
C’est ma nièce qui m’a inspiré cette histoire. Pendant le confinement, j’ai eu le temps de l’observer  et je voyais comment elle plongeait dans son univers avec sa poupée. Ce contraste entre l’insouciance de l’enfant et la pesanteur de ce qui l’entoure m’a interpellé.  

Dans le scénario initial, Melody prend la place de sa mère et elle la place de sa poupée. Que recherchez-vous dans ce jeu de substitution ?
Elle devient la maman de sa poupée. À travers cette relation mère-fille se révèlent des moments simples de la vie, de la complicité. C’est ce que je voulais raconter. Les femmes et les enfants ont toujours été des sujets qui me tiennent à cœur.

Dans le scénario initial, l’intention se concentre sur les gestes de Melody. Dans la version retravaillée, l’alternance de points de vue entre Melody et sa poupée prend plus de place. Pourquoi ?
Ce glissement s’est opéré après avoir retravaillé le scénario. Dans le scénario initial, nous avions plutôt prévu des plans rapprochés qui permettent de détailler les gestes de Melody quand elle joue avec sa poupée. Dans la version finale, nous avons opté pour des plans plus larges permettant de déplacer les points de vue.

Votre métier de journaliste vous a-t-il aidée ?
Énormément, que ce soit dans l’écriture ou la réalisation. Petite Melody est mon premier film et réaliser a toujours été un rêve pour moi. En plus de mon admiration pour les réalisatrices malgaches, je suis une grande fan du Japonais Hayao Miyazaki (réalisateur de films d'animation, NDLR). Sa poésie m’a toujours fascinée.

Après ce premier succès, comment voyez-vous l’avenir ?
Cette expérience a suscité une furieuse envie de raconter d’autres histoires. Je travaille déjà sur l’écriture d’un nouveau scénario.


Domoina Ratsara
Association des critiques cinématographiques de Madagascar (ACCM)

Pour un cinéma de femmes
« 7 jours pour 1 film » est un atelier itinérant qui a pour objectif de révéler les femmes désirant se professionnaliser dans le milieu du cinéma en Afrique. Il comprend un concours de scénario, un atelier de formation, la réalisation du film primé et l’accompagnement de sa diffusion à l’international. Le principal challenge pour la gagnante issue des lauréates sélectionnées à chaque édition est, avec la participation de celles-ci, de pouvoir préparer, tourner, monter et diffuser son film de court métrage en sept jours seulement. 

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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