Orelsan « Ony soit qui mal y pense »
1 novembre 2022 // Musique // 9908 vues // Nc : 154

Le rappeur propre sur lui a offert un concert retentissant en septembre dernier. Madagascar, un pays qu’il affectionne particulièrement - sa femme est Malgache – et pour lequel il nourrit un grand projet d’accompagnement musical, baptisé « Ony ».

Pourquoi Madagascar ?
C’est bien la sixième fois que je viens à Mada, car ma femme est malgache et c’était donc important pour moi de faire ce concert. En me baladant je me suis rendu compte que j’avais un public ici. Je me suis fait des amis. Nous avons essayé d’offrir ce qu’il y a de plus proche par rapport à ce que nous faisons en France, même si le matos et les conditions ne sont pas les mêmes. J’ai donc ramené mon équipe, près de 25 personnes, pour réaliser ce défi. En dehors du concert, nous avons organisé des masterclass animées par Phazz, le coproducteur de mon dernier album, et le guitariste Eddie Purple. Également une conférence sur le business de la musique et la projection du documentaire Montre jamais ça à personne.

Pourquoi le rap ?
Je faisais du basket et j’ai commencé à écouter du rap pour le côté américain qui va bien avec les paniers.

Très vite, j’ai voulu en faire, d’abord en apprenant par cœur les textes d’autres rappeurs, ensuite en commençant à faire des impros. J’écris depuis l’âge de 14 ans, même si au début c’était plus que moyen. J’ai mis du temps avant de trouver le truc. Je passe beaucoup de temps sur l’écriture tandis que les mélodies viennent plus facilement. Pour faire un album comme Civilisation, j’ai fait à peu près 80 chansons plus ou moins abouties pour 20 retenues au final.

Rappeur et Blanc, ça ne fait pas un peu désordre ?
C’est vrai qu’en France, la plupart des rappeurs viennent de Marseille et des quartiers de Paris. Moi je viens d’Alençon, quelque part en Normandie. Ce que j’aime dans le rap, c’est qu’on peut raconter sa vie. Je m’inspire énormément du quotidien, toute la journée je prends des notes. J’ai déjà fait quatre albums solos et deux avec Casseurs Flowters, des Normands comme moi. J’en sors un tous les trois ou quatre ans parce que j’aime avoir des invités (featuring) sur mes titres, me confronter à des artistes souvent très différents

Le projet « Ony » ?
Le projet a deux facettes, les concerts d’un côté avec peut-être l’organisation d’un festival et de l’autre, un projet d’accompagnement pour les artistes malgaches, histoire de resserrer les liens entre Madagascar et la France. les personnes qui veulent produire un film… Ce n’est pas forcément quelque chose de financier, plutôt un programme de soutien et d’apprentissage.


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Exposition : Dendrophile, respirer l'art des arbres

Lire

24 décembre 2025

Exposition : Dendrophile, respirer l'art des arbres

À Madagascar, la troisième édition d'Antson'ny tontolo miaina transforme la matière végétale en poésie visuelle et sculpturale. De la Flow Gallery à I...

Edito
no comment - Bonne… continuation

Lire le magazine

Bonne… continuation

Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

No comment Tv

Making of shooting mode – Décembre 2025 – NC 191

Retrouvez le making of shooting mode du 𝗻𝗼 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁® magazine, édition décembre 2025 - NC 191
Prise de vue : Ambatobe Résidence 
Collaborations : Kostami - Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Addie, Kenny, Mitia, Natacha, Onitiana, Manoa, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

African Series Of Poker

African Series Of Poker, en décembre à l’Hôtel Carlton à Anosy

no comment - African Series Of Poker

Voir