Missah : Retour en solo
2 mars 2021 // Musique // 10036 vues // Nc : 134

Visage familier de la scène rock locale, Misa (désormais orthographiée Missah) opère son grand retour en solo. Ses fans ont pu en avoir un aperçu en octobre dernier avec la sortie du single « Tsy kwa » (pas de souci). Une approche murie pour une musique plus consensuelle, qui s’en plaindrait ?

Pour les aficionados du rock de la capitale, Missah est tout sauf nouvelle. Entre la fin des années 2000 et le milieu de la décennie qui vient de s’achever, le groupe One dont elle était la principale parolière et vocaliste s’est souvent fait remarquer, en bien cela va sans dire. Malheureusement, jamais assez pour sortir de la confidentialité imposée par l’underground et ses passionnés toujours un peu dans l’exclusive. Pour autant, la belle n’entend pas larguer ses fans historiques, puisque son dernier single, accessible sur la plateforme Bandcamp, est la reprise réarrangée d’un titre de l’époque One. On y retrouve la voix feutrée de Missah jouant de contraste avec des guitares tantôt saturées, tantôt paisibles, le tout ponctué de riffs enflammés. « Ça donne au morceau des accents plus pop qu’avant », reconnaît-elle, tout en assumant que tout ce qu’elle écrit est empreint de sa personnalité et de son histoire. La preuve, d’autres titres de One seront repris.

Mais pourquoi ce retour après toutes ces années d’absence ? « J’ai été amenée à voyager loin de la capitale pour mon boulot, idem pour mes potes de One qui ont été pris dans plein d’obligations qui ne nous permettaient plus de continuer ». Mais aujourd’hui le but est un peu différent d’il y a dix ans : au simple plaisir de jouer vient se greffer la volonté d’apporter des conseils salutaires à ceux qui sont appelés à reprendre le flambeau. En rappelant notamment que la route du rock n’est pas que jonchée d’amour et de bière fraîche, qu’il y a un « certain nombre de conneries à éviter ». « Anna’s song » s’attarde ainsi sur la pratique de l’automutilation. « Des jeunes font ça pour tenter de répondre à un environnement de plus en plus toxique humainement, et mais ça devient une sale habitude et parfois une vraie addiction.  J’essaie de leur montrer que cette pratique ne fait que les éloigner de ce qu’ils réclament ».

Musicalement, Missah puise dans sa mythologie rock personnelle avec aussi bien Alanis Morissette, Natalie Imbruglia ou KT Tunstall, chez les dames, que Led Zepp ou Ozzy chez les mecs. Un tel éclectisme n’est pas toujours facile à mettre en boîte, mais la jeune femme ne désespère pas de trouver un jour la recette magique « Définir ce que je joue est compliqué. À l’époque de One, on faisait partie des groupes qui se faisaient huer, car trop différents, trop décalés. On nous traitait de snobs et en plus on avait fait le choix de chanter en anglais, c’est dire ! » En attendant, son album, dont la grande majorité des titres est prête, devrait voir le jour pour 2022 au plus tard.


Propos recueillis par Eva Rasamison

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Exposition : Dendrophile, respirer l'art des arbres

Lire

24 décembre 2025

Exposition : Dendrophile, respirer l'art des arbres

À Madagascar, la troisième édition d'Antson'ny tontolo miaina transforme la matière végétale en poésie visuelle et sculpturale. De la Flow Gallery à I...

Edito
no comment - Bonne… continuation

Lire le magazine

Bonne… continuation

Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

No comment Tv

Making of shooting mode – Décembre 2025 – NC 191

Retrouvez le making of shooting mode du 𝗻𝗼 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁® magazine, édition décembre 2025 - NC 191
Prise de vue : Ambatobe Résidence 
Collaborations : Kostami - Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Addie, Kenny, Mitia, Natacha, Onitiana, Manoa, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

African Series Of Poker

African Series Of Poker, en décembre à l’Hôtel Carlton à Anosy

no comment - African Series Of Poker

Voir