MIKEA, Les derniers chasseurs-cueilleurs de Madagascar
1 juillet 2024 // Photographie // 8414 vues // Nc : 174

Dans le sud-ouest de Madagascar subsiste l’ultime communauté de chasseurs-cueilleurs de la Grande Île, l’une des dernières au monde : les Mikea.

Les hommes du village
Les femmes du village

Ils habitent une forêt sèche du Sud-Ouest de Madagascar : la Forêt des Mikea. Ce peuple, dont les origines ethniques font l’objet de nombreuses hypothèses parfois divergentes, vit en osmose avec la nature. Ils tirent l’ensemble de leurs moyens de subsistance de cette forêt, se nourrissent de tubercules, récoltent du miel et chassent de petits animaux. Gardiens du passé, ils sont les héritiers d’une culture et d’un mode de vie séculaire. Isolés et en marge de la société malgache, ce peuple a longtemps réussi à vivre caché, en symbiose avec la nature.

Les talismans aident à communiquer avec les esprits
Les trois frères : Kipoa – Karoto – Tsivahora, le porte-parole des Mikea

Mais aujourd’hui, la déforestation sauvage et l'exploitation illégale qui en découle menacent cet équilibre écologique et culturel. Les conséquences de ces pratiques sont désastreuses et impactent directement leur mode de vie ancestral. Perdant leurs moyens de subsistance traditionnels, les Mikea sont confrontés à de réelles menaces et font face à des défis environnementaux et sociaux sans précédent. Ils sont désormais contraints de s'adapter à de nouvelles réalités précaires. Ne bénéficiant d'aucune reconnaissance en tant que peuple autochtone et, par conséquent, d'aucune protection particulière, il en va de la disparition de cet exceptionnel héritage culturel, mais aussi de leur survie.

Karoto
​Le chef du village
Pelane
​La femme de Karoto
Karoto utilise l’Antso
​pour démarrer le feu

Peu d’études scientifiques et rares sont les reportages réalisés sur les Mikea. Aucun travail photographique ambitieux n'avait encore été entrepris sur ce peuple jusqu'à ce que Thierry Cron s'y attelle. Premier photographe à mener un tel projet, son travail revêt à la fois une dimension documentaire inédite et artistique. Après plusieurs séjours immersifs de plusieurs semaines sur place et deux ans de travail, un livre sur les Mikea et leur culture a vu le jour en mai 2024. Les photographies présentées dans ce magazine sont extraites du livre.

Tsivahora dort à proximité du feu
Kapeso dort paisiblement
Les femmes rapportent du bois au village

L’objectif principal de ce travail est de faire découvrir ce peuple au plus grand nombre, de sensibiliser le public à la précarité de leur situation, de susciter une prise de conscience collective et d’encourager des actions concrètes en faveur de la préservation de leur environnement et de leur mode de vie. La première étape fut une présentation du livre à la Fondation H, puis une exposition à l’IFM d’Antananarivo.

Rebala
Fanisoa
Foneke

Tous les bénéfices générés par les ventes de livres sont intégralement reversés au profit des Mikea et seront directement alloués au programme de développement de la communauté. Conçu par les membres de la communauté Mikea eux-mêmes, ce programme vise à les aider à s’adapter aux évolutions sociales tout en préservant leur culture et leurs traditions.

Texte et photos Thierry Cron

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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