Miaraka Vibes : Concerts intimistes
8 juin 2024 // Musique // 10379 vues // Nc : 173

Aller à un concert sans savoir à l’avance qui va chanter, ni où il va avoir lieu, une surprise totale ? A un détail près : les créatrices de ce concept à Madagascar, Laura Bedo et Tiana Bruscagnin, s’assurent que les participants puissent toujours s’attendre à une proximité entre eux et les artistes, « miaraka » le temps d’un live.

On arrive sur un lieu tenu secret. Le participant remarquera que les chaises ne sont pas toutes alignées en direction de la scène. D’ailleurs, est-ce qu’il n’y a que des chaises ? Il y a aussi des coussins, des petits tabourets, des poufs, en dessous de guirlandes lumineuses, le tout baigné dans la lumière du golden hour, en fin d’après-midi. Des détails qui ne relèvent pas du hasard, tout est placé pour reproduire une ambiance conviviale. Et les gens commencent à arriver. Eux, ce sont les Miarakeurs et Miarakeuses, 80 au maximum pour chaque édition. « 80 personnes ça peut paraître énorme, mais quand on est ensemble, on a vraiment l’impression d’être dans un salon, ou dans un jardin ouvert, avec nos amis, notre famille. » C’est le concept des concerts intimistes : ceux qui veulent participer s’inscrivent sur la page Instagram de Miaraka Vibes, les ventes sont bloquées à partir de 70 ou de 80 personnes, et le lieu n’est dévoilé que 48 heures avant le concert, par message privé. « C’est comme ça qu’on choisit le lieu, si on se trouve avec 60 ou 70 personnes dans un espace très grand, il n’y aura pas de proximité, ce côté chaleureux, on évite d’être trop nombreux pour garder un échange entre les participants et les artistes. »

Avec trois artistes ou groupes d’artistes par édition, un concert Miaraka Vibes c’est une heure et demie de prestations musicales. « On essaie de ne pas avoir trois artistes similaires sur une même édition, des personnes vont préférer le premier, d’autres le second ou le troisième, comme ça on est sûr que personne ne va se lasser, il y du pop, du reggae, de l’indie, etc. On offre aussi une opportunité à ceux qui n’ont jamais fait de scène et qui ont du potentiel, ils ont une capacité vocale, ça crée des opportunités pour eux. » Les participants sont déjà un public pour ces artistes, car en deux ans, les concerts Miaraka Vibes ont créé une véritable communauté, entre les participants, les lieux qui accueillent chaque édition. Les organisatrices ont même eu des retours de trois couples qui se sont formés grâce à ces moments. « On va garder le concept de concert intimiste, ça marche bien, on n’a pas vocation de s’ouvrir à trop de monde. On ambitionne aussi de développer encore plus les concerts pour des particuliers, pour des anniversaires ou des team buildings, les Miaraka Home. » En attendant de participer à ces fêtes pour ainsi dire secrètes, Miaraka Vibes donnent des aperçus et des annonces sur leur page Instagram.

Propos recueillis par  Mpihary Razafindrabezandrina
Instagram : Miaraka Vibes

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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