Laura Rasoanaivo Razafy « Je vise les Jeux Olympiques de 2024 »
11 septembre 2022 // Loisirs & J’ai essayé // 9028 vues // Nc : 152

À18 ans, elle est la nouvelle championne d’Afrique dans la catégorie des moins de 70 kg. Le judo malgache se prend à rêver et se prépare déjà pour les autres compétitions internationales. Et là, pas question de faire ceinture !

En juillet dernier, à Nairobi, au Kenya, Laura Rasoanaivo Razafy est montée sur le haut du podium en remportant la médaille d’or. Elle n’est d’ailleurs pas la seule Malgache à avoir ramené une médaille car durant la même compétition, Lova Mahaisoa a décroché le bronze dans la catégorie des moins de 73 kg. « Je voulais cette médaille depuis deux ans, Je me suis battue pour y arriver », clame la jeune championne, se rappelant avoir été éliminée dès le premier tour en 2020 et 2021. « Cette année, c’est une revanche, mais dans la catégorie des moins de 70 kg. »

Avec son mental d’acier, elle a d’abord réussi à battre la Camerounaise Ema Cindy Keukoua sur ippon (placage au sol) en quart de final. En demi-finale, c’est l’Égyptienne Afnan Shehata qu’elle a envoyée au tatami en seulement 11 secondes, toujours sur ippon. « Elle est redoutable et j’avais très peur. Mais dès que je l’ai battue, j’ai su que la médaille était dans la poche. » C’est chose faite lorsqu’elle fait tomber, en finale, l’Égyptienne Farica Magdy par hansoku-make (disqualification pour faute de l’adversaire).

La judokate de l’Association sportive Saint-Michel s’entraîne depuis l’âge de 10 ans. D’abord par curiosité puis très vite par passion, sous la férule attentive de ses parents, Luc Rasoanaivo (deux participations aux Jeux Olympiques) et Edith Andrianarisandy (Championnats du monde universitaire), tous deux ceintures noires quatrième dan et anciens membres de l’équipe nationale. « Ma mère m’a toujours soutenue, c’est mon premier coach. »

Très tôt, le palmarès est impressionnant, remportant trois fois le Championnat de Madagascar et la médaille d’or aux Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI) en 2019 à Maurice, à l’âge de 15 ans. « Pour intégrer l’équipe nationale, il faut battre les séniors, c’est-à-dire les plus de 21 ans et je l’ai fait à l’âge de 15 ans. On a commencé à me surclasser et j’ai terminé première dans la catégorie des moins de 63 kg. » Contrairement aux autres athlètes, Laura a la chance de pouvoir s’entraîner tous les jours. Comme on dit dans le jargon, elle se prépare off season, plusieurs mois avant les compétitions pour être sûre d’être dans les meilleures conditions. « Je me prépare très tôt et plus les compétitions approchent, plus je me relaxe. » Le mental, toujours le mental.

Comme toujours dans le sport malgache, le potentiel est là mais pas toujours les financements. « J’ai la chance d’avoir un sponsor, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Si la Fédération et le ministère donnaient un coup de pouce, il y aurait moyen de développer le sport ici. » Véritable boule d’énergie, la championne se passionne également pour le CrossFit et le box training. Dans son noble art (martial), elle excelle dans le Uchi-Mata, une projection par fauchage aux jambes, et le Ippon-Seoi-Nage, une projection par l’épaule. « Le judo a littéralement changé ma vie, il m’a apporté une ouverture d’esprit et m’aide à réussir tout ce que j’entreprends », confie-t-elle. Bien qu’elle ait rapporté l’or africain du Kenya, Laura (sans jeu de mots) vise encore plus loin. Elle prépare déjà les Jeux des îles 2023, les Jeux de la Francophonie et surtout les Jeux Olympiques de 2024 qui se dérouleront à Paris. « J’espère monter sur le podium. Ce serait une expérience énorme ! » Après cela, elle compte suivre des études en masso-kinésihérapie et ouvrir son propre cabinet. Mais pas question de mettre le kimono au placard. La « voie de la souplesse », signification du mot judo, c’est pour toute la vie, du moins tant qu’on a les articulations assez solides pour rouler au tapis…

Aina Zo Raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

Lire

26 août 2026

Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

La cosmétique turque a trouvé son ambassadrice à Madagascar. Golden Rose Style and Beauty vient de rouvrir dans un espace repensé, plus vaste et plus...

Edito
no comment - Fin de saison

Lire le magazine

Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

No comment Tv

Interview - L’Architecture du Goût - Août 2026 - NC 199

Découvrez L’Architecture du Goût, dans le no comment® NC 199 – août 2026.
À Antananarivo, deux univers créatifs se sont rencontrés autour d'une question simple : et si l'objet qui accompagne le repas transformait l'expérience même du goût ? L'Architecture du Goût, née de la collaboration entre le Studio ARRA et Kr.Atelier, propose une réponse aussi sensorielle que visuelle. Rencontre avec Ando Ramanantsoa et Kiady Ratovoson, les deux artistes qui redéfinissent l'art de la table.

Focus

Jazz@Tohatohabato

15e édition du festival Jazz@Tohatohabato, à Antananarivo du 5 au 9 août dernier
© Jazz@Tohatohabato

no comment - Jazz@Tohatohabato

Voir