Jack’Dad : Briseur de tabous
10 novembre 2023 // Musique // 10572 vues // Nc : 166

Jack’Dad, de son vrai nom Jean-Jacques Ranaivoson, est une véritable sensation musicale originaire de Tamatave. Initialement reconnu pour son talent en danse, Jack’Dad a désormais conquis le monde de la musique en tant que rappeur émérite. Sa musique, avec des hits comme Dopa, C.O.M, ou encore le pus récent, Pinocchio, a connu une ascension fulgurante sur TikTok, secouant les réseaux sociaux grâce à son style musical entraînant qui incite tout un chacun à se déhancher sans fin.

Son style musical mélange le rap et l’amapiano, un genre hybride entre house, lounge, jazz et soul originaire d’Afrique du Sud. En effet, Jack’Dad est le premier artiste malgache à intégrer ce style dans ces chansons. À travers ses paroles, il ose aborder les sujets délicats de la société, dénonçant les menteurs et les trompeurs, qu’il s’agit de politiciens, de leaders religieux, de commères de quartier ou d’hommes infidèles. Cette audace se retrouve dans sa chanson Pinocchio, où il met en lumière le mensonge à travers la métaphore du nez qui s’allonge à chaque mensonge, pointant du doigt ceux qui trahissent la vérité. Même si ses sujets peuvent être sensibles, Jack’Dad croit en la puissance du message. Son rap imperturbable, porteur de vérité, résonne profondément avec son public et fait de lui un artiste incontournable. « J’ose dire à voix haute ce que beaucoup pensent tout bas ». Ce qui transforme son art en un véritable instrument de changement social.

Le chemin de Jack’Dad vers le succès musical n’a pas été linéaire. Depuis son plus jeune âge, il rêvait de chanter après avoir été inspiré par des clips vidéo qu’il regardait à la télévision. Fasciné par les artistes qui dansaient et chantaient simultanément, il a réalisé qu’on n’avait pas besoin d’avoir une voix comme Mariah Carey pour faire de la musique. « C’est Stromae qui m’a ouvert les yeux avec son écriture poétique et sa présence scénique. » Cette révélation a poussé Jack’Dad à envisager une transition vers le rap pendant le confinement en 2021. En tant que danseur hip-hop expérimenté, cette transition s’est avérée fluide et complémentaire. Jack’Dad a ressenti le besoin de diversifier la scène musicale malgache en abordant des thèmes originaux souvent négligés. « En tant que chorégraphe, j’ai apporté mon imagination aux visuels de mes clips en assumant également le rôle de directeur artistique, comme on voit dans l’une de mes chansons, Dopa ».

Pour lui, le chemin du succès dans le showbiz n’a pas été pavé de pétales de roses. « La diffusion et la visibilité, en particulier les matraquages médiatiques sont un défi de taille en tant qu’artiste indépendant ». Il jongle habilement avec les multiples facettes du monde artistique, s’occupant à la fois de la création artistique, du financement et du marketing de ses projets. « La création de textes et de chorégraphies, éléments essentiels dans mon art, ne posent pas trop de problème majeur pour moi ». Il est passionné par son travail, et sa créativité coule de source. Toutefois, comme tout artiste, il n’est pas à l’abri des commentaires négatifs. Selon lui, la critique peut être difficile à encaisser, mais au fil du temps, il a développé une peau épaisse et ne se laisse plus trop affecter par les opinions négatives. À chaque nouvelle sortie musicale, Jack’Dad se concentre sur les retours positifs de ses fans, une source inestimable de confiance en soi. « Ma victoire réside dans le fait que les gens me considèrent comme unique, que mon travail est authentique et original. Jusqu’à présent, je sens que je suis sur la bonne voie ».

Pour Jack’Dad, la scène est un endroit familier où il est souvent invité en tant qu’artiste « guest ». Ses collaborations avec des talents comme Shyn et Denise ont ouvert de nouvelles portes et l’ont introduit sur des scènes prestigieuses. « L’un des moments les plus marquants de ma carrière a été ma participation à l’évènement Somaroho Tour à Nosy-Be, l’un des plus grands festivals musicaux de Madagascar ». Lors de cet évènement, Shyn lui a offert l’opportunité de monter sur scène pour tester ses compétences devant un public nombreux. Un moment inoubliable. L’accueil chaleureux du public a été une véritable bouffée d’encouragement pour Jack’Dad, car cela a renforcé sa détermination à poursuivre sa carrière de rappeur. D’un côté, son parcours en danse a été enrichi par la collaboration avec son grand-frère, un chorégraphe talentueux, qui l’a intégré dans son groupe. Ensemble, ils ont perfectionné leurs compétences en danse sous la direction de Claudio Rabe jusqu’en 2018. Bien que les activités de son groupe de danseurs soient actuellement en pause, la structure du groupe perdure.

Aujourd’hui, en tant que rappeur, Jack’Dad a encore de grandes ambitions musicales. « Apres Pinocchio, je prévois de sortir deux chansons cette année, dont l’une sera une collaboration avec un beat maker de France, tandis que l’autre sera réalisée en partenariat avec DJ Skull ». L’un des précieux conseils de Jack’Dad pour ceux qui aspirent à une carrière artistique est de rester authentique à tout prix. « Quelle que soit la voie que l’on emprunte, il est toujours crucial de maintenir sa propre originalité ». Il encourage ainsi les jeunes artistes à avoir un objectif clair et à ne pas se laisser influencer par les opinions extérieures. Ces mots de sagesse illustrent bien l’approche de Jack’Dad envers sa propre carrière. Il est clair qu’il est prêt à continuer à surprendre et à inspirer ses fans. Il nous encourage à rester fidèles à nous-mêmes, prouvant que la musique peut être une force puissante pour le changement et l’expression de soi.

Propos recueillis par  Cédric Ramandiamanana
Contact Jack’Dad : +261 32 92 840 30

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Exposition : Dendrophile, respirer l'art des arbres

Lire

24 décembre 2025

Exposition : Dendrophile, respirer l'art des arbres

À Madagascar, la troisième édition d'Antson'ny tontolo miaina transforme la matière végétale en poésie visuelle et sculpturale. De la Flow Gallery à I...

Edito
no comment - Bonne… continuation

Lire le magazine

Bonne… continuation

Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

No comment Tv

Making of shooting mode – Décembre 2025 – NC 191

Retrouvez le making of shooting mode du 𝗻𝗼 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁® magazine, édition décembre 2025 - NC 191
Prise de vue : Ambatobe Résidence 
Collaborations : Kostami - Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Addie, Kenny, Mitia, Natacha, Onitiana, Manoa, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

African Series Of Poker

African Series Of Poker, en décembre à l’Hôtel Carlton à Anosy

no comment - African Series Of Poker

Voir