Koezy « Ce sont surtout les étrangers qui s’intéressent à notre culture »
1 avril 2022 // Musique // 14274 vues // Nc : 146

Après des années de silence, le groupe Koezy a fait son grand retour sur la scène du no comment® bar à Isoraka en mars dernier. Une formation traditionnelle qui veut transmettre les valeurs fondamentales, quitte à moderniser un peu l’approche pour toucher le plus grand nombre.

Alamino (Apaiser), extrait de l’album Ma Liberté (2005), est un des titres qui les a faits connaître et leur a permis de faire une tournée internationale pendant cinq ans en Chine. À leur retour à Madagascar, le groupe a eu quelques coups durs. « Tout a changé ! Nous avons fait des enregistrements et pensions sortir d’autres albums mais le studio Mars a fermé après le décès du propriétaire. De plus, il faut payer les médias pour que nos chansons soient diffusées. Avec internet, l’album physique ne marche plus donc il faut trouver des alternatives », explique Liva, membre fondateur et seul homme du groupe, accompagné de Natacha, Eléonor et Mina (et parfois de Solo à la basse et Alfred à la guitare acoustique). Originaire du nord-ouest de Madagascar, dans la région Boeny, le groupe Koezy puise son inspiration dans les musiques traditionnelles. Les membres remettent au goût du jour les différentes façons de chanter comme l’antsa, sorte de louange entonnée lors des cérémonies, ou encore le jijy, un art oratoire qui est considéré – à Mada du moins - comme l’ancêtre du rap. Mais ils explorent également les autres rythmes, notamment le baoejy, une danse du nord accompagnée par l’accordéon, ou le kabosy et le goma autrement dit, le salegy.

Leur plus grand défi est de parvenir à transmettre ce patrimoine musical à la future génération. « C’est bien dommage de voir que ce sont surtout les étrangers qui reconnaissent la valeur de notre culture.  Nous avons 18 ethnies avec chacune sa richesse culturelle que nous voulons mettre en valeur. Malheureusement, les malgaches eux-mêmes ne se rendent pas comptent de ce trésor. Nous avons donc décidé d’aller un peu vers le tropical mais en gardant notre authenticité, c’est-à-dire les danses, les battements des mains qui donnent le tempo, et surtout les tenues comme le lambahoany et le masojoany (bois de santal). Tout cela constitue notre identité. » Pour apporter plus de « modernité » à sa musique, la bande à Liva a rajouté des instruments comme la guitare et la batterie.

Les textes expriment des revendications sociales, interpellent sur la vie. « Nous faisons passer des messages d’amour, de paix, de réconciliation. Par exemple, dans le titre Sky Part, nous voulons exprimer l’unité. Le ciel est notre toit à tous, il ne devrait pas y avoir de discrimination, nous sommes tous un sur cette terre. » L’une des spécificités de cette formation est aussi de donner la place aux femmes. « Au départ, notre désir, était de créer un groupe 100 % femmes, que ce soit au chant, à la danse mais aussi à la batterie, à l’accordéon ou à la guitare. En fait, toutes les mpiantsa (chanteurs) sont des femmes. » Le groupe porte bien son nom puisque koezy signifie « bénédiction » ou « respect. ». Respect donc.


Aina Zo Raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Restauration : Palissandre joue la carte de la liberté

Lire

13 juin 2026

Restauration : Palissandre joue la carte de la liberté

Liberté. Le mot est lâché, et il résume tout. Vendredi 12 juin, l'hôtel Palissandre à Faravohitra a dévoilé sa nouvelle carte — un exercice annuel que...

Edito
no comment - Juillet, enfin !

Lire le magazine

Juillet, enfin !

Juillet est là. Et avec lui, cette douce illusion collective qu'on appelle « les vacances ». Douce pour certains, seulement. Parce que pendant que quelques chanceux plient bagages et filent vers les côtes, une bonne partie de Madagascar retient son souffle. Les bacheliers scrutent leur téléphone comme si les résultats allaient tomber par notification divine. Les étudiants enfilent leur première veste de stagiaire — bienvenue dans le monde réel, c'est moins glamour que prévu. Les parents, eux, découvrent avec une joie mitigée que des enfants à la maison toute la journée, c'est bruyant, c'est gourmand, et ça chamaille pour un rien. Quant aux entrepreneurs, ils ont flairé l'aubaine : juillet, c'est la saison des idées — et des chiffres à gonfler. Bref, les vacances, ce grand repos tant attendu, ressemblent pour beaucoup à un sprint déguisé en pause. Heureusement, nocomment est là. Ce mois-ci, on vous embarque à travers Madagascar — ses sorties, ses escales, ses bonnes adresses, ses cultures et ses petites merveilles qui ne font pas de bruit mais méritent qu'on en parle. Parce que s'évader, parfois, ça commence par une bonne lecture.

No comment Tv

Interview - Tahiry David Animator - Juin 2026 - NC 197

Découvrez Tahiry David Animator, un animateur 2D-3D dans le no comment® NC 197 – juin 2026.
Tahiry David Rasolofoson, plus connu sous le pseudo Tahiry David Animator, est un animateur 2D-3D malgache. Lauréat de l'AnimJam 2026 à l'IFM Analakely, il fabrique des mondes entiers à partir d'un ordinateur, de nuits blanches et d'un sens aigu du chaos cartoon. Entre humour absurde et références pop malgaches, il impose peu à peu sa signature dans l'univers de l'animation.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir