Iarivo'ny Mavo
17 février 2024 // Photographie // 6253 vues // Nc : 169

En 2014, Tolotra Ranaivo a commencé à faire le portrait des rues de sa ville. Petit à petit, au fil de ses prises de vue, il s’est rendu compte de la présence fréquente dans ses clichés d’un ou plusieurs bidons jaunes utilisés pour l’approvisionnement en eau.
En 2019, alors que des mouvements de protestation ont lieu dans la ville pour exprimer le mécontentement lié à l’approvisionnement et à la distribution de l’eau, il commence à prendre une série d’images dans différents endroits du centre ville d’Antananarivo visant à dénoncer la déliquescence et l’état de malaise social. C’est ainsi qu’est né le projet « Iarivo’ ny Mavo », dans lequel l’artiste montre à quel point la vie dans la capitale de l’île tourne autour de ces bidons jaunes, qui représentent à la fois le manque d’eau et le fossé entre les classes sociales. Présents dans presque tous les pays d’Afrique, ces contenants, appelés gallons, arrivent d’Europe ou d’Amérique remplis de pétrole.
Une fois arrivés en Afrique, ils sont réutilisés pour le transport ou le stockage de l’eau. Ils font partie intégrante de la vie quotidienne dans les quartiers pauvres, où les gens n’ont pas accès à des sources d’eau non contaminée. Cette sélection de photographies montre la ville en noir et blanc, hormis le jaune des bidons devenu emblème de cette lutte au quotidien que vivent les habitants d’Antananarivo pour avoir de l’eau potable dans leurs foyers.

Les zones basses d’Antananarivo sont souvent touchées par les inondations pendant la saison de pluies. Ce petit garçon a dû chercher de l’eau dans les bornes44 fontaines publiques malgré le mauvais temps.
Andavamamba, 2014.
La présence d’un zébu en ville est peu fréquente. alors que j’étais occupé à composer la photo, la porteuse d’eau est rentrée dans le cadre.
Ampasika, 2020.
Tête de zébus.
Isotry, 2020.
La pluie ne cessa de tomber ce jour-là. J’ai été contraint de me mettre à l’abri dans un coin, sous une bâche. L’eau de pluie remplit le bidon jaune.
Marché d’Andravoahangy, 2014.
Cette femme fait partie de celles qui gagnent leur vie en cherchant de l’eau dans les bornes fontaines et les ramener à domicile. Un peu surprise, elle ne s’attendait pas à ce que je la prenne en photo.
Andavamamba, 2014.
Scène de séduction dans les ruelles de 67 Ha.
67 Ha, 2015.
L’homme au pardessus.
Anosibe. 2014.
La porteuse d’eau.
Anosibe, 2022.
Difficile accès au service de l’eau dans les quartiers précaires d’Antananarivo.
Ampefiloha Ambodirano, 2015.
Il est fréquent de voir, un peu partout à Antananarivo des bidons jaunes qui font la queue dans les pompes publiques. Il y a même des gens, qui se réveillent à 2 heures du matin, pour aligner ces bidons afin de pouvoir alimenter en eau leur foyer.
Anosibe, 2022.
Akamasoa, un groupe de 22 villages créés dans la banlieue d’Antananarivo.
Ambohimahitsy, 2016.
Le village Akamasoa est alimenté par l’eau de la « JIRAMA », société d’État, mais qui depuis quelques années ne peut plus satisfaire le besoin en eau dont l’ensemble du site a besoin. Les sources ainsi que la récupération d’eau de pluie ne suffisent plus.
Ambohimahitsy, 2016.
Cette photo montre des familles sans abri qui vivent autour du lac Behoririka. Ils survivent grâce à la récupération des bidons jaunes qu’ils nettoient et revendent.
Behoririka, 2019.
Il existe encore de nombreuses 2CV en circulation à Tana, mais sur cette photo, elle fait office de séchoir à linge.
Anosibe, 2022.
Caché derrière un long rideau, le bidon jaune est ici transformé en pot de fleurs. Il devient un objet de décoration.
Ambohimitsimbina, 2019.

Texte et photos : Tolotra Ranaivo

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