Hazel : Engageante et engagée
6 septembre 2023 // Arts de la scène // 6672 vues // Nc : 164

Si elle peut être fière d’avoir participé à un événement d’envergure tel que la semaine de l’Europe, c’est pourtant loin des prestigieuses planches de l’Union Européenne que Hazel a appris à maîtriser les vers. Ayant grandi à Tuléar, rien ne prédestinait celle que tout le monde appelait alors Faniry Harifera au slam. Aujourd’hui, la jeune femme considère la poésie orale comme son médium de prédilection. Cela lui vaut d’être invitée par plusieurs organismes pour supporter leurs causes, en plus d’un public qui termine ses textes à sa place lors de ses performances. Une notoriété assise à coup de gueule par celle qui assume pleinement son audace.

Assister à une scène de Hazel, c’est tout sauf un dialogue à sens unique. Comme elle adore engager le public à ses prestations, elles ressemblent plus à un ping-pong verbal qu’à une écoute tranquille. « Il faut s’attendre à discuter avec moi, je vais poser des questions, je vais attendre des réponses et des réactions. Je vais réagir suite à ces réactions, c’est une discussion, je raconte une histoire et le public me répond. » Si Hazel privilégie autant les échanges interpersonnels, c’est parce qu’elle en a ressenti le manque à ses débuts. A son arrivée dans la capitale, elle ne parlait que le vezo (dialecte de son Tuléar d’origine) et le français, une barrière de langue qu’elle a voulu dépasser en intégrant Havatsa UPEM (Union des Poètes et Ecrivains Malgaches). La jeune écrivaine va alors enrichir son vocabulaire, mais le papier ne se plissa pas sous les vers de celle qui voulait faire réagir. « Avec le côté très académique de cette institution, je ne pouvais pas m’exprimer comme je le voulais, il fallait faire attention à son image et tout. » Elle se défait alors de ses préjugés sur le slam et se fait sa propre définition, scène ouverte après scène ouverte. « Avant, je me suis dit que les slameurs étaient des artistes qui n’avaient rien à faire de leur vie. Ensuite, j’ai rencontré des personnes qui m’ont expliqué ce que le slam est en réalité. Je le définis comme une scène, une expression, un mouvement. Il faut être sur place avec le public et passer un message à des oreilles qui écoutent. »

En cinq ans, Hazel reste fidèle à sa définition du slam, jusqu’à en faire sa signature. A force de vouloir se servir des réactions dans ses performances, elle en arrive à les provoquer. « On n’arrête pas de me le dire, soit ‘calme toi Hazel’, soit ‘vas-y doucement avec mots’. Je trouve que j’ai quand même une certaine diplomatie, sauf que je dis des mots qu’on n’a pas forcément envie d’entendre, venant d’une femme surtout. Par exemple, quand je dis ‘être féministe, c’est avoir le choix d’être soumis’, cela divise les auditeurs. » Aux polémiques en ligne et hors ligne, elle répond que les poètes d’autrefois étaient bien plus audacieux, écho de la poétesse férue d’histoire littéraire chez Havatsa UPEM. Il ne s’agit pas de provocation gratuite pour autant, ses mots servent juste ses propos. En effet, Hazel est à un stade où l’artiste doit se définir, et elle s’incline vers l’art engagé. « Je veux me lancer dans les scènes engagées pour les jeunes et pour faire avancer ce mouvement qu’est le slam, d’ailleurs, je commence déjà. Je parle de nationalisme, de violence conjugale, de la relation du public avec le domaine de la santé, mais subtilement et toujours sous forme d’une discussion. » En attendant de basculer du côté des militants, Hazel prépare deux rendez-vous pour ces fans ce mois de septembre, les détails sont sur sa page Facebook.

Propos recueillis par  Mpihary Razafindrabezandrina
Contact : +261 34 70 740 58

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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