Fitiavana Mickael : Champion des muscles
5 janvier 2025 // Que sont-ils devenus ? // 5272 vues // Nc : 180

En août 2023, Fitiavana Mickael Randriamiandrisoa a été l’invité du no comment® magazine. Bodybuilder passionné, père de famille, créateur de contenus, il a remporté plusieurs compétitions régionales pour, en novembre dernier, être sacré Champion du monde au Musclemania America à Los Angeles. Une aventure bien préparée, un rêve et un objectif de plus coché pour le bodybuilder malgache.

L’expérience Musclemania America ?
C’était une préparation de huit mois, avec un entraînement d’une heure et demie à deux heures, six fois par semaine. Il y a eu du niveau, et le trac était là, évidemment, mais avec toutes les préparations, je ne pouvais qu’avoir confiance. La différence s’est fait ressentir, par rapport aux précédentes compétitions de Musclemania où j’ai participé – pour rappel, Musclemania Europe Classic Junior en 2017 et Musclemania Africa en 2019. En Europe, j’ai été dans la catégorie junior et la seconde compétition a regroupé les compétiteurs des pays africains en Afrique du Sud. Cette dernière a été une qualification pro : ceux qui y ont été qualifiés ont participé au Musclemania America. Le Musclemania m’a déjà contacté un peu avant, en 2016, j’avais 21 ans : ils m’ont vu à travers mes publications sur Facebook et ils m’ont appelé pour me demander si j’étais intéressé pour participer à une compétition internationale. Comment ne pas l’être ? Ils m’ont alors envoyé les conditions nécessaires et la taille recherchée pour faire partie de la compétition.

Quels sont les projets ?
Cette compétition a été une grande étape, un objectif de taille qui se réalise. C’est une occasion à laquelle je me suis apprêté depuis 2019, mais avec le covid et, plus tard, des changements au niveau personnel, je n’ai pu y aller que cinq ans plus tard. Aujourd’hui, j’aimerais me concentrer sur la vente de nos produits et sur ma marque de tenue de sport « Snug Guns » tout en me développant dans la vente de protéines. Il y a un an, nous parlions d’avoir ma salle de sport… disons que ma vision et mes projets ont changé depuis notre dernière rencontre, et ce n’est plus dans mes priorités pour le moment. Je pense également continuer à me concentrer sur les partages sur la musculation sur Facebook. Cette expérience à Los Angeles m’a appris que bien qu’il soit difficile d’atteindre les objectifs à Madagascar pour l’instant, il faut garder la motivation et même si le rêve semble difficile à atteindre, il faut continuer, chercher un moyen de le faire. Il ne faut pas écouter la société : moi-même, j’ai reçu des remarques d’un proche quand j’ai commencé la musculation à 16 ans, on m’a dit que cette discipline ne me mènera pas loin. Aujourd’hui, cette personne est plus que fière de moi. C’est pour cela que je me dis que tant qu’on a un objectif, quand on y met du cœur et de la passion, plus rien ne peut nous arrêter.

La création de contenu ?
Ceux qui me suivent savent que je partage des conseils, mais je fais également des vidéos de style humoristique : ce ne sont pas vraiment des contenus que je programme au préalable. J’ai remarqué que les conseils sur la musculation ne faisaient pas autant sensation que les vidéos drôles. Après avoir publié une vidéo avec Armel qui a directement fait le buzz, j’ai remarqué que ce n’est pas tout le monde qui suivait les conseils en musculation, mais par contre, tout le monde aimait rire : j’ai donc décidé de développer mes activités sur la page pour agrandir la communauté, pour ensuite mieux partager mes conseils muscu. Entre tout cela, je suis aussi un mari et un papa, et je suis reconnaissant de pouvoir aujourd’hui vivre et subvenir à ma famille grâce à ma passion, qui est aujourd’hui mon travail. Le Musclemania America m’a, d’ailleurs marqué, car j’ai eu le support de mes proches et d’autres spectateurs malgaches sur place.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa
Photos : Fitiavana Mickael

Facebook : Fitiavana Mickael
Numéro : +261 34 12 465 05/ +261 32 93 764 31

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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