Fertilo Mada : Briser le silence autour de l’infertilité à Madagascar
6 avril 2025 // Assos // 5934 vues // Nc : 183

À Madagascar, l’infertilité reste un sujet tabou, souvent entouré de silence et d’incompréhension. Face à cette réalité, trois femmes engagées ont décidé de créer Fertilo Mada, la première association dédiée à la sensibilisation et au soutien des personnes confrontées à l’infertilité sur l’île. Rencontre avec Gaelle, Axelle et Ikoriantsoa, les fondatrices de cette initiative qui ambitionne de changer les mentalités.

©photo : Clinique C3M

Pouvez-vous présenter l’association ?
Fertilo Mada est la première association dédiée à la sensibilisation sur l’infertilité à Madagascar. Créée par nous trois — Gaelle, Axelle et Ikoriantsoa —, elle vise à offrir un espace de soutien et de partage aux personnes confrontées à l’infertilité. En parallèle, nous collaborons étroitement avec Endo-Mada, une association qui lutte contre l’endométriose, une maladie souvent liée à l’infertilité.

Pourquoi avoir créé cette association ?
Notre initiative est née de nos propres expériences face à l’infertilité et du besoin de créer un espace bienveillant où chacun peut partager son vécu sans crainte du jugement. L’infertilité est encore un sujet tabou à Madagascar, et beaucoup de personnes se sentent isolées. Fertilo Mada a pour vocation de briser ce silence et d’apporter un soutien moral et informatif à celles et ceux qui traversent ce parcours.

Quel est votre but ?
Nous voulons faire entendre cette cause à l’échelle nationale en brisant les tabous et en facilitant l’accès aux solutions existantes. Notre mission est d’offrir un accompagnement global, tant sur le plan émotionnel que pratique, tout en œuvrant pour une meilleure sensibilisation et une évolution des mentalités.

Quels types d’aides apportez-vous à vos membres ?
Nous proposons un accompagnement non médical axé sur plusieurs aspects. Premièrement, nous apportons un soutien émotionnel et moral à travers des espaces de discussion bienveillants. Ensuite, nous leur mettons à disposition des ressources informatives sur l’infertilité et ses causes. Enfin, nous organisons des réunions régulièrement afin de permettre aux membres d’échanger sur leurs expériences et de mieux comprendre les traitements disponibles.

En quoi vos actions ont-elles un impact concret ?
Nos actions permettent aux personnes concernées de rompre l’isolement et d’échanger avec d’autres vivant des situations similaires. Nos réunions et nos campagnes d’information contribuent à réduire la stigmatisation et à sensibiliser la société à cette réalité souvent méconnue. Nous œuvrons pour une reconnaissance accrue de l’infertilité en tant que problème de santé publique, afin qu’elle soit mieux prise en compte sur les plans médical, psychologique et social.

Quels sont vos projets ?
Nous avons plusieurs initiatives en cours. Nous prévoyons d’organiser des réunions mensuelles sur l’infertilité et la vie de couple. Nous souhaitons également étendre nos actions en dehors de la capitale pour toucher un plus grand nombre de personnes. Nous comptons aussi participer à des événements publics pour sensibiliser la population et briser les tabous. Bien évidemment, nous envisageons de travailler avec le corps médical pour améliorer l’accès aux traitements et encourager les avancées en matière de Procréation Médicalement Assistée (PMA). Enfin, nous organiserons à l’avenir des levers des fonds afin d’aider financièrement les couples ayant besoin de traitements coûteux pour concevoir un enfant.

Un mot pour la fin ?
Avec détermination, Fertilo Mada œuvre pour une meilleure reconnaissance de l’infertilité et un accompagnement adapté aux réalités malgaches. Il est temps de briser le silence et d’apporter une véritable aide à celles et ceux qui en ont besoin.

Propos recueillis par Emerick Andriamamonjy

Contact : Fertilo Mada (Facebook)

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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