Erica Rakotonoely : She rocks !
1 juin 2022 // Musique // 16100 vues // Nc : 149

Originaire d’Antsirabe, Erica Rakonoely a fait sensation avec la reprise de Lendrema du groupe Mahaleo durant la première édition du festival Rage of The Rock Madagascar en avril dernier. Un vrai coup de boost pour celle qui a le rock dans le sang.

Sa voix rauque et suave, son énergie débordante et sa personnalité ont donné une autre dimension à cette chanson. « Je voulais réarranger cette titre depuis très longtemps. Cette version rock a été posté sur les réseaux sociaux et j’ai eu un très bon retour du public. » On peut dire que la jeune femme sait s’entourer en choisissant que des grosses pointures comme musiciens notamment Daveson, du groupe Lökömotiva, à la basse, Tsiory à la batterie, Toni du groupe AngaroA à la guitare. « Quand j’avais 8 ans, je regardais Erick Daveson à la télé et je l’imitais. Je me suis dit, un jour, on jouera ensemble ! En créant mon groupe, je voulais absolument avoir des musiciens professionnels d’où mon choix. » Mais c’est grâce à son père, ancien membre du groupe Marginal qu’Erica a le rock dans le sang. Elle le suivait en studio et dans les concerts. Poursuivre le même chemin était comme une évidence.

Aujourd’hui, elle s’impose petit à petit dans le milieu du rock malgache et ne veut pas s’identifier à un style précis même si ces deux dernières chansons, Anjakanao et Aza adinoina, sélectionné aux RDJ Music Awards 2022, sont plutôt à tendance pop rock et soft. « C’est vraiment le feeling. Quand j’ai créé ses chansons qui parlent d’amour, c’est que je ressentais sur le moment. Cela ne m’empêche pas de faire du speed, du symphonique, du death ou du hard rock ! » Un vrai électron libre mais qui a un caractère bien trempé ! Dans la musique, il n’y a pas de place à l’amusement. Erica sait ce qu’elle veut et n’hésite pas à dire quand les choses ne lui plaisent pas. « On me surnomme Ranavalona à cause de mon fort caractère. Je suis très exigeante et perfectionniste. Tout simplement, parce qu’il faut être professionnel dans le travail. J’aime aussi le rock pour cela, ce côté un peu dur. » Pour garder ce professionnalisme, elle n’hésite pas à faire des kilomètres pour monter à Tana et rejoindre ces musiciens en studio. Même si Antsirabe est une des villes où viennent les meilleurs groupes de rock malgache, Erica regrette le manque d’événements rock ou les festivals. Sa participation à Rage of The Rock Madagascar était une façon de renouer avec le public, de se réapproprier la scène après un long silence dû à la pandémie. Mais il faut savoir que pendant le confinement, Erica n’a pas chômé. Amie de longue date avec Gabriel Keller, un compositeur et multi-instrumentiste lyonnais passionné par le rock, Erica a participé à l’écriture des paroles du single Za sy Za (Moi et moi) en novembre 2020. « En discutant, on s’est dit qu’on pouvait faire un projet ensemble. Gabriel avait déjà une musique qu’il a composé avec sa guitare mais il ne manquait plus que les paroles. J’ai donc écrit le texte en malgache avec le refrain en anglais. La chanson parle de la douleur d’une personne qui n’ose pas raconter ce qui lui arrive au sein de la société estimant qu’il ne faut pas exposer ses faiblesses. La personne est face à elle-même et se parle à elle-même. » Pour ce single, on retrouve Erica au chant, Gabriel à la guitare, Dominique Rabanora à la basse et Julien Nicolas à la batterie. Pour la jeune femme, cette collaboration devra se poursuivre mais en attendant, elle prépare quelques retours sur scène et l’écriture de nouvelles chansons.


Aina Zo Raberanto

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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