En ville avec Tsiory Randriamanantena
28 août 2023 // Downtown // 6160 vues // Nc : 163

En tant que directeur du Musée de la Photographie de Madagascar, Tsiory Randriamanantena est amené à travailler avec beaucoup de monde et à effectuer des recherches. Il nous livre les bons plans qu’il a dénichés pendant ses six années à occuper ce poste.

Ton plat préféré ?
C’est difficile pour un végétarien de trouver son bonheur dans une assiette à Tana ! Une salade à l’américaine est une valeur sûre.

Ta boisson préférée ?
Je suis un amoureux du vin.
Du rouge surtout, mais avec modération

Tes habitudes pour débuter une soirée ?
Je n’ai pas de véritable habitude.
La règle c’est qu’il n’y en a pas en soirée.
Quand je sors dans un resto ou dans un bar, je commence généralement par un cocktail léger, un kir par exemple.
Si je reste à la maison, je démarre avec une tasse de thé ou de café avant de bouquiner.

Ton hobbie ?
J’adore lire, car c’est une démarche solitaire qui me permet de m’isoler du monde et de créer mon petit univers.

Les endroits pour passer des vacances ?
Je suis un enfant du Sud.
Et j’ai découvert un paradis en 2020 avec des amis : la vallée de Tsaranoro, dans le sud de Fianarantsoa.
Et je crois qu’il faut y aller au moins une fois dans sa vie, une fois avant de mourir.

L’événement culturel qui t’as marqué ?
Pour cette année c’est le vernissage de l’exposition « Lamba » au Musée de la Photo, car c’est à la croisée de tout ce qui est patrimoine, art, culture, tout ce qui est aussi objet muséographique.

Ton actualité ?
Le Musée de la Photo prépare une grande exposition sur le Sud de Madagascar.
Cela va se tenir en octobre, donc toute l’équipe est mobilisée sur ça.
Sur le plan personnel, je prépare un doctorat qui est un peu en relation avec cette exposition, un doctorat en anthropologie sur les peuples Bara et Vezo.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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