Eli Kiss « La vie ne se résume pas à la télé-réalité »
10 juillet 2024 // Musique // 10146 vues // Nc : 174

Eli Kiss, de son vrai nom Elisabeth, est une danseuse et chanteuse originaire de Fort-Dauphin. Impliquée dans le monde de la musique depuis un bout de temps, elle s’est également fait connaître en participant à l’émission de télé-réalité malgache « Story Island ».

Quel est ton parcours artistique ?
Je suis originaire de Fort-Dauphin, mais j’ai grandi à Betroka. J’ai étudié à Tana et à Diego. En réalité, je viens de partout ! Je parle toutes les langues malgaches. Quant à ma participation à Story Island, j’ai accepté, car je connais le producteur depuis 2014. On chantait ensemble, c’était un ami à la base. La danse est ma vocation, depuis mon plus jeune âge, il me suffit de regarder la télévision pour m’harmoniser instantanément avec le rythme. C’est dans le sang.

Quelques mots sur ta marque ?  
En ce moment, je me concentre sur la création de ma propre marque, iSS, tout en continuant à nourrir ma passion pour la musique. Je travaille en collaboration avec Rare Quality, une société de création avec laquelle j’ai déjà eu l’occasion de travailler. Ces projets ne sont pas dénués de défis, mais je progresse bien. Un de mes rêves est aussi de voyager à travers le monde.

Les projets ?
Pour être honnête, je n’ai jamais envisagé de participer à la saison 2 de Story Island. Je préfère rejoindre la télé-réalité MADA, où j’ai été invitée pour apporter de l’énergie au public. Cependant, je suis consciente des défis qui accompagnent mes ambitions. Si je suis trop absorbée par mon travail, je ne pourrai pas me diviser en deux. Le business est ma priorité. Et puis, la vie ne se résume pas à la télé-réalité ; il y a aussi la vraie vie qui nous attend.  Quant à l’éducation, elle est importante, mais dans le monde des affaires, les opportunités de réussite sont rapides. De plus, écouter les opinions de tout le monde n’est pas facile. Pour finir, je suis cool et gentille, mais je préfère ne pas être provoquée.

Propos recueillis par Cedric Ramandiamanana
Facebook : Eli Kiss
Contact : +261 32 86 772 25

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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