Dina Rabearivelo : L’art du journal
2 juin 2022 // Arts Plastiques // 7553 vues // Nc : 149

Dina Rabearivelo a choisi la peinture bien qu’il soit issu d’une famille de musiciens. Il est connu pour l’utilisation du papier journal comme support, il y peint la vie quotidienne des malgaches. « Un papier de dessin classique ne me correspondait pas. J’ai appris à maîtriser le papier journal, plus fin et lisse. C’est important de mettre en relation la peinture et le support. Les paroles s’envolent, les écrits restent, mais les visuels survivent. » Pour lui, la peinture et le journal sont donc deux moyens de communiquer avec le monde. Pour réaliser ses œuvres, il travaille de deux manières différentes :  soit en prenant des photos de gens ou des scènes de vie, en cherchant ensuite les coupures de journaux qui correspondent ; soit en sélectionnant des coupures qui parlent d’un sujet actualité sur lesquelles il réalise les peintures.

« Utiliser le papier journal, c’est aussi une façon de redonner vie aux travaux derédaction et d’investigation des entreprises de presse. La plupart du temps, les journaux sont utilisés pour allumer du feu, emballer la viande, que sais-je encore ! Enfin, c’est aussi lié à mon engagement de contribuer à réutiliser les matériaux, à les recycler. » Telle était l’objet de son exposition personnelle à l’IKM (Ivon-toeran'ny Kolontsaina Malagasy) en avril 2018, où il a proposé une vingtaine de tableaux et des poèmes.

Dina ne veut s’inscrire dans aucun courant artistique, il estime que l’art est un voyage qui lui permet de se libérer et de s’exprimer. Il apprécie particulièrement les collaborations avec d’autres disciplines comme la danse, avec les chorégraphes Njara Rasamison ou Ariry Andriamoratsiresy. Pur autodidacte, il n’hésite pas à se former auprès de ses aînés en participant à des ateliers ou des échanges, aussi bien à l’étranger qu’à Madagascar, surtout dans le domaine du dessin, de la peinture ou de l’art plastique : « J’ai ainsi fait un atelier de papier mâché avec le peintre Jean Nirina Razafindralambo à l’Université de Sherbrooke. » En tant qu’artiste plasticien, il ne veut pas se limiter à une matière unique. Il essaie de manipuler différents objets pour leur donner de l’esthétique et de la couleur, comme le bois, le papier ou la latérite. « À travers mes œuvres, je veux apporter quelque chose de positif pour la société. »


Aina Zo Raberanto

Femme forte
Technique mixte sur papier journal
100 x 81cm (collection privée Rabearivelo Dina)
Reverdissement massif
Technique mixte sur papier journal
55 x 41,5cm (collection privée Rabearivelo Dina)
Parents responsables
Technique mixte sur papier journal
61 x 50cm (collection privée Rabearivelo Dina)
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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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