Danse à quatre ! par MC
26 octobre 2024 // Gaysy // 1936 vues // Nc : 177

Lors des Jeux des Îles de l'an dernier, j'ai eu l'opportunité de travailler comme serveur dans un hôtel de luxe à Tana. Cette occasion m'a permis de gagner un peu d'argent, dont j'avais besoin. Le salaire était satisfaisant, surtout avec les pourboires attendus. J'ai rencontré beaucoup de gens, mais j'avais une préférence pour les athlètes venant de La Réunion. Une équipe séjournait à l'hôtel, et je considérais avoir de la chance de servir ces jeunes hommes athlétiques, grands, à la peau légèrement rosée, et toujours en sueur après l'effort.

Un soir, après une longue journée de travail, j'ai remarqué trois jeunes hommes de cette équipe encore attablés dans le restaurant. Leur conversation semblait animée, et je craignais qu'ils ne partent pas de sitôt. L'un d'eux me fit signe, et je me dirigeai vers leur table avec mon carnet pour prendre leur commande. En me rapprochant, je sentis que quelque chose se tramait ; ils se turent soudainement en me voyant. «Que puis-je vous servir, messieurs? ». «Un autre expresso, s'il vous plaît » répondit celui qui m'avait appelé, tandis que les deux autres échangeaient des regards complices. Après avoir servi l'expresso, le même garçon me demanda si j'avais quelque chose de prévu après mon service. Je répondis que je finissais bientôt et que j'avais hâte de rentrer. «Un de vos collègues m'a dit que vous étiez danseur ». Je hochai la tête, curieux de savoir ce qu'il voulait. «Apprenez-moi quelques pas de danse. Je vous paierai », proposa-t-il en sortant une généreuse liasse de billets de sa poche. Hésitant, mais intrigué, j'acceptai l'offre. « Notre suite est idéale pour cela », ajouta l'un d'eux.

Après avoir terminé mon service, je montai à leur suite. L'un des hommes, torse-nu et aux cheveux en dreadlocks, m'ouvrit la porte et m'invita à entrer. Les deux autres étaient invisibles, mais le bruit de la douche se faisait entendre. Puis, le beau jeune homme aux dreadlocks s'approcha et m'embrassa soudainement. Choqué, mais sans réaction, je m'abandonnais à la situation. Il interpréta ma réaction comme un accord et fit un geste de la main.

Tout à coup, je sentis quelqu'un d'autre derrière moi, confirmant la présence de la troisième personne. Celui qui m'avait suggéré le cours de danse est sorti de la douche, lâchant la serviette qui enroulait son corps musclé. « Pourquoi ne pas danser à quatre ? » proposa-t-il. Sans rien dire, je hochai la tête, prêt à répondre à leurs désirs. J'ai obéi à leurs directives et nous avons passé la nuit ensemble, une expérience inattendue. Le lendemain, alors que les deux autres dormaient, celui qui m'avait embarqué dans cette aventure était déjà debout. Il me remit le paquet de billets en me disant que c'était pour le cours de danse et que je n'avais pas le droit de refuser. J'acquiesçais encore et repris mon travail, puis, après chaque service à l'hôtel, on se retrouvait tous pour notre « cours de danse ».

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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