Cine.up « Le septième art a le pouvoir de changer tout un pays »
15 mars 2024 // Cinéma // 5012 vues // Nc : 170

Cine pour le cinéma, up pour ses passionnés. Elle a marqué les réseaux par ses films courts, dont « Veloma », la rupture qui a fait plus de 2000 réactions en début d’année. Derrière l’émotion, Cine.up est cette entreprise qu’Anthony Relisa et Toavina Andriantsihainamalala ont fondée en novembre 2023. Au service de tous les passionnés d’Antananarivo, elle regroupe sur une plateforme, tous les aspirants professionnels de la production pour bien évoluer ensemble et… monter.

Quelles idées motivent Cine.up ?
« Pour faire un bon film, il faut faire beaucoup de mauvais films. » C’est une citation qui nous inspire : pour grandir, il faut juste faire, et de là, on évolue, et on monte. C’est l’idée que nous portons depuis novembre 2023 à travers le programme Up. Il vise principalement les jeunes qui ont un intérêt démontré pour le cinéma, et propose un accompagnement avec des collaborateurs internes et des professionnels du domaine. La seule condition est l’attrait pour le milieu et pour un poste de l’audiovisuel, que ce soit pour le son, l’image, ou l’écriture. Ce que nous voulons, c’est donner de l’opportunité, et de l’accès aux passionnés de cinéma, pour qu’ils puissent montrer leur talent et s’exprimer parce que c’est cela : le cinéma est avant tout, un moyen de projeter sa vision. De la même manière, nous aimons donner de la visibilité aux métiers du domaine, et à ces jeunes talentueux qui ne sont pas forcément vu à l’écran. Pour cette raison, nous ne publions pas que les films, mais aussi des interviews et des descriptions des différents postes, pour que leur profil soit reconnu par le grand public.

Comment se passe l’accompagnement ?
Nous allons commencer dès le mois d’avril, en créant une communauté qui regroupera tous les jeunes qui auront cet intérêt bien porté pour le cinéma. Le processus de production part d’une proposition de projet de film par un réalisateur, de là, nous procédons au recrutement des membres de son équipe. C’est à partir de ce moment que chaque membre, de l’ingénieur son au responsable du costume et du maquillage, en passant par le directeur de la photographie, aura un accompagnement personnalisé, avec des collaborateurs internes, mais également des professionnels du domaine, et des intervenants extérieurs. Ils seront parrainés pendant un mois, puis la production sera lancée, et ainsi de suite.

Un film par mois…
Le programme Up fonctionne par un système de promotion : nous prévoyons de produire un film par mois, pendant cinq ans, pour avoir, au bout d’une année, 12 films. Ceux qui seront publiés sur nos réseaux sociaux, et principalement, Facebook. La passion, la disponibilité, et l’engagement sont tout ce que nous demandons aux bénéficiaires. D’une manière concrète, le programme Up tourne autour du portfolio : en entrant dans le milieu professionnel, on remarque que ce n’est pas le diplôme qui compte, mais ce qu’on a déjà fait, et nous sommes là pour permettre à ces jeunes passionnés de montrer cela.

Pourquoi avoir choisi Facebook pour publier ?
Notre principal objectif est de vulgariser le cinéma à Madagascar : nous avons choisi parmi les plateformes de vidéos, mais manque d’accessibilité au grand public, nous nous sommes tournés vers Facebook, là où nous pourrions avoir le maximum de retours en peu de temps. Nos bénéficiaires seront présentés sur notre page, c’est pour cela que c’est une plateforme : c’est un tremplin pour les potentiels talents, pour que l’on parvienne à vite les repérer. Pourquoi Facebook ? Cela a aussi pour référence un concours de film à l’étranger : un groupe qui, chaque fois qu’il gagne un concours, publie gratuitement la vidéo, et cette pratique, bien qu’elle ne lui permette pas de gagner de l’argent, a réussi à le propulser pour les prochaines activités.

Une alternative pour pallier aux problèmes de distribution ?
Les publications ne sont pas que gratuites, mais elles deviennent une forme d’investissement pour les projets à venir. Un des plus grands problèmes à Madagascar est la question de distribution, et récemment, nous avons fait un sondage d’où ont émergé les principaux défis du milieu : le manque de formations et d’opportunité pour le rendre rentable, et l’accessibilité aux « bons » films. Cine.up, d’une certaine manière, cherche à répondre à toutes ces contraintes, pour enfin dépasser les limites qui se sont posées dans le milieu cinématographique du pays. Un grand nombre des films de réalisateurs malgaches sont bons, et nous cherchons à mettre ceux-là en valeur.

Du cinéma au quotidien… ?
Cine.up a commencé comme une entreprise qui fait des vidéos en tout genre. Une idée dont nous avons discuté depuis 2022, et qui s’est enfin concrétisée en 2023. Depuis, c’est devenu une boîte de production incluant « World of Love », une branche pour les vidéos de mariage, et une autre pour le côté institutionnel. Nous nous sommes dirigés vers ces vidéos pour financer le programme Up. Aussi, nous pensons trouver un autre moyen de distribution à part Facebook, mais gardons cela secret d’abord ! L’idée est de permettre aux professionnels du cinéma de gagner de l’argent : pas que les films malgaches ne se retrouvent qu’à travers les festivals qui ne se déroulent qu’une fois dans l’année, mais qu’ils fassent entièrement partie de la culture populaire.

Créer une émotion collective ?
Une des choses qui nous a marqués avec notre court-métrage « Veloma », c’est qu’il a réussi à réunir les spectateurs autour d’une seule émotion. C’est que nous avons envie de créer : cette émotion collective, car de nos expériences, il a réussi à regrouper des gens autour de cette même agitation, pour les spectateurs comme pour les membres de l’équipe. C’est également ce qui nous pousse vers l’idée que le septième art a le pouvoir de changer tout un pays, et qu’il n’est pas à sous-estimer. Ce n’est pas tant l’histoire que l’on veut raconter qui compte, c’est comment on va la raconter, et nous sommes là pour aider à comprendre ce « comment ». Cine.up est là pour cela, sous la philosophie qu’il faut juste se lancer, et oser montrer, sans se poser de barrière. Se montrer, apprendre, évoluer, et monter : Up !

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa
Anthony Relisa : +261 34 41 254 24
Toavina Andriantsitohainamalala : +261 34 55 716 40
Facebook : Cine.up

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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