Bii Madagascar : Solution durable !
31 juillet 2024 // Assos // 5038 vues // Nc : 175

Bii Madagascar est une entreprise sociale qui combat le gaspillage alimentaire et l’insécurité alimentaire en connectant les invendus du secteur alimentaire avec des organismes caritatifs qui s’occupent des enfants vulnérables. Depuis sa création en 2019, elle met en œuvre une approche multifacette pour adresser ces défis cruciaux.

Le volet FoodSharing

Le nom « Bii » trouve ses racines dans la langue Dioula, parlée notamment en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Mali. En dioula, « Bii » signifie « aujourd’hui », soulignant l’urgence de ne pas gaspiller les aliments. « Bii » est aussi homophone de l’anglais « Bee » (abeille), symbole d’une économie circulaire où rien ne se perd et tout se valorise. Tout d’abord, les missions de Bii sont de nourrir sainement les enfants souffrant de la faim, de réduire l’impact environnemental du gaspillage alimentaire et de créer de la valeur ajoutée aux surplus alimentaires. « Bii opère non seulement à Madagascar, mais également au Maroc et en Côte d’Ivoire, car ses associés fondateurs résident dans ces pays actuellement » partage Soa Andrianirina, représentante de Bii Madagascar. Bien que fondée en 2009 à Madagascar, Bii a d’abord été établi à Maurice, avant d’étendre son impact.

Miora Razafimahaleo, assistante polyvalente

D’autre part, les activités de Bii Madagascar se déclinent en quatre volets. Le premier est le « food sharing », qui consiste à récupérer et redistribuer les invendus alimentaires, y compris les produits proches de la date limite de consommation et les plats non consommés mais encore comestibles. « Ces denrées sont distribuées dans 17 centres sociaux à Antananarivo » partage Miora Razafimahaleo, assistante polyvalente. En mai 2022, Bii Madagascar a lancé « Food Transformation », qui vise la revalorisation des produits non conformes aux normes de calibrage du marche (trop longs ou trop courts pour l’exportation). « Ces produits transformés seront ensuite mis en vente via le volet food market ». Bien que ce troisième volet ne soit pas encore actif, Bii travaille sur une sorte de plateforme de vente et une application « anti-gaspillage » pour permettre à tout le monde d’apprendre à consommer à petit prix et à cuisiner sans gaspiller. « Ce volet sera prochainement opérationnel, et l’application est en cours de développement ».

Pour finir, le « food awareness » est le quatrième volet. « Malgré la vocation agricole de Madagascar, le gaspillage alimentaire et la malnutrition demeurent des problèmes. Ainsi, la sensibilisation est essentielle » révèle la représentante de Bii Madagascar. Ce volet vise alors à sensibiliser la population sur l’importance de consommer toutes les parties des aliments. D’ailleurs, ce programme inclut des activités comme les « disco soupes », où Bii apprend aux associations et aux centres sociaux partenaires à utiliser toutes les parties des légumes et d’autres produits alimentaires. « Par exemple, les épluchures de carottes peuvent être transformées en beignets, et une soupe peut être préparée en mixant des légumes sans peler l’oignon ».

Une photo de l’unité de transformation alimentaire à Ambalavao, Ambatofotsy,
avec la coopérative Loharano.

Bii Madagascar propose également un service zéro gâchis en collaboration avec des établissements tels que le café de la Musée. Avant tout, l’accent est mis sur la réduction des déchets afin d’éviter tout gaspillage. S’il reste des aliments non consommés lors des prestations, ceux-ci sont redistribués dans les centres sociaux partenaires. Il est important de souligner que les aliments redistribués ne sont pas des restes des tables, mais des produits non touchés, encore bons à consommer. « Par exemple, si une prestation pour 40 personnes comprend des viennoiseries et qu’il en reste 20 non servies, celles-ci seront redistribuées aux centre sociaux ».

Cette démarche collaborative s’étend également avec des restaurants et des services de cantines, suivant le même processus de redistribution. Soulignons que les aliments distribués conservent leur état initial, sans aucune transformation supplémentaire. En sensibilisant, redistribuant et en valorisant les surplus alimentaires, Bii Madagascar incarne une réponse concrète et durable au défi du gaspillage alimentaire à Madagascar.

Cédric Ramandiamanana

Facebook : Bii Madagascar
Soa : 034 92 550 32

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