Antsiva : Du chœur à la basse
9 février 2025 // Musique // 14509 vues // Nc : 181

Antsiva est une continuelle autodidacte. En 16 ans de carrière, elle se hisse, par ses forces, sur des scènes prestigieuses d’Antananarivo et, en 2023, celle de Berlin. Antsiva Andriamasimanana, vocaliste, bassiste, compose aussi pour des chorales : une femme – et maman – aux multiples talents qu’on ne peut avoir laissé passer lors des concerts de Nanie, ‘Zay, D-Lain, Niu Raza et bien d’autres.

Antsiva est une femme de musique. Quand, plus jeune, elle baigne dans ce monde grâce à ses parents, elle finit par plonger à son tour, en 2008. Cette année-là, la chanteuse participe à un concours à l’Alliance Française de Tananarive et fait la rencontre de Nanie, dont elle intègre, plus tard, le chœur. Antsiva commence son parcours, et sans s’y attendre, elle fait un petit détour par la basse. « Plus tard, on m’a emmené au Jazz Club du Cercle Germano-Malagasy, que j’ai fini par intégrer. Grâce aux rencontres que j’y fais, j’ai vu Lalatiana et ‘Zay.

Puis, je suis devenue membre du Jazz Club de l’Alliance Française de Tananarive, d’où est née mon envie de jouer. » Son histoire avec l’instrument commence en 2017, quant à la veille d’un concert, Antsiva doit remplacer au pied levé un collègue bassiste. Depuis, elle ne lâche plus l'instrument. Pourtant, la chanteuse n’a pas suivi de formation spéciale : autodidacte, elle a appris et continue de le faire à travers les vidéos en ligne et YouTube. « J’apprends toujours, jusqu’à maintenant, je sens qu’il y a encore beaucoup de choses qui manquent. » Sa technique, autant que sa voix poignante, l’ont mené sur des grandes scènes. « En 2019, j’ai fondé mon groupe « Antsiva & Brone » qui est en train de mijoter en ce moment. Mais en 2021, je me suis dit que je pouvais continuer en solo. J’ai donc commencé à accompagner des artistes comme Nanie, le groupe ‘Zay, et Olombelo Ricky lors de la dernière édition du Manal’Azy Vita Bacc. » Envoutante, la voix d’Antsiva conquit son audience d’Antananarivo à Berlin.

Berlin : en août dernier, le festival Pop Kultur accueille, pour son 10ᵉ anniversaire, des artistes du monde entier : Antsiva représente Madagascar. « Je ne m’attendais pas à y aller, d’abord parce que je me retrouvais exactement à la limite de l’âge, 30 ans. Ensuite, j’étais enceinte de six mois : j’avais peur qu’ils ne me laissent pas y aller, mais il s’est produit la situation inverse. J’y suis allée, et j’ai été chouchoutée par tout le monde. » Toujours avec sa basse, Antsiva assiste à des ateliers, fait la rencontre d’autres artistes du monde et se retrouve pour une « solo performance ». Seule avec sa guitare, elle chante ses compositions, des chansons « qui n’ont rien à voir avec le jazz ». Antsiva explique : « Il fallait présenter Madagascar : le jazz n’est pas à nous, alors j’ai créé une chanson en malgache. » Auteure-compositrice, vocaliste, coach vocal et bassiste : la jeune femme jongle entre sa vie de maman, d’entrepreneure et sa carrière artistique. D’une voix inoubliable, Antsiva aime partager. « Heman Rafanomezanjanahary, du groupe Meva Gospel m’a aidé à comprendre tout ce qui est technique vocale, mécanisme, et c’est après que j’ai développé tout cela par des recherches. Plus tard, j’ai commencé à apprendre à des lycéens et à des chorales, et c’est comme cela que j’ai pu grandir en expériences. » Elle compose, parfois à la demande, et aujourd’hui, c’est une jeune maman qui avance petit à petit, tout en revoyant les projets de son groupe et ceux en collaboration avec le Cercle Germano-Malagasy (CGM). À suivre sans fausses notes !

Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : Antsiva
Numéro : 034 58 053 90

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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