Antsabey : On dirait le Sud
2 septembre 2021 // Musique // 16896 vues // Nc : 140

Venus du Sud-Ouest, ils ont à cœur de faire découvrir leur musique à forte valeur identitaire. À la clé, un premier album gorgé de mangenaky, tsapiky, rodoringa, banaike… Tout ce qu’il faut pour bouger !

Célébrer la vie en chansons, c’est tout ce qui importe au groupe Antsabey, originaire du sud-ouest de Madagascar. « Choisir le nom Antsabey était une évidence. Il vient de miantsa qui, dans le Grand Sud, est une manière de chanter, de raconter de communiquer et de célébrer la vie en chansons », explique Djahmyll, le chanteur principal. La rencontre avec Bienvenue, à la guitare, a permis d’abord de créer un duo en 2009, puis au fil du temps sont venus s’ajouter Abdillah à la basse et Do à la batterie et aux percussions. Ensemble, ils portent haut les couleurs du Grand Sud en s’inspirant des différents rythmes de leur région.

« Notre style est une fusion de mangenaky, de tsapiky lent du peuple Masikoro, de rodoringa, un rythme d’encouragement pendant le ringa, la lutte traditionnelle à mains nus, de banaike, inspiré des rythmes des trots du zébu, de tsapiky, d’antsa et de Takasy, la prière aux ancêtres, une variante du beko. Tout cela joué de façon moderne, sans en dénaturer l’esprit ni le style. » Cette diversité musicale enchante à la fois les oreilles et les corps, car la musique du Sud sait être envoûtante. Elle leur a permis de jouer sur plusieurs scènes à travers le pays, grâce au projet Atsimozika initié par l’Alliance française de Toliara en 2017, une production regroupant des dizaines de musiciens et chanteurs. « Cela a abouti à une tournée nationale dans la plupart des villes principales. Une expérience musicale pleines d’échanges avec des musiciens professionnels ayant parfois de longues carrières à l’international. »

Fort de cette expérience, le combo est aujourd’hui en pleine préparation de son premier album intitulé Roso qui signifie « C’est parti » avec dix titres inspirés de différents rythmes comme Bilo pour le rodoringa, Mpitari-Posy pour le tsapiky ou Mamolava pour le mangenaky. « C’est un album qui fait voyager en abordant les us et coutumes mais aussi la réalité sociale… Ces dernières années, nous avons beaucoup composé, écrit et joué , il est temps de montrer les fruits de ce travail ! » Le groupe est monté sur la scène du Pata Pata Bar à Toliara en juillet dernier pour donner un avant-goût de cet album, avec une tournée nationale prévue en octobre pour sa promotion. Mais ce n’est pas tout. Le groupe multiplie les contacts avec des agents et organisateurs en Europe pour une tournée européenne de juin à août 2022.  La musique malgache sait se faire entendre.


Aina Zo Raberanto

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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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