Antsabey : On dirait le Sud
2 septembre 2021 // Musique // 11679 vues // Nc : 140

Venus du Sud-Ouest, ils ont à cœur de faire découvrir leur musique à forte valeur identitaire. À la clé, un premier album gorgé de mangenaky, tsapiky, rodoringa, banaike… Tout ce qu’il faut pour bouger !

Célébrer la vie en chansons, c’est tout ce qui importe au groupe Antsabey, originaire du sud-ouest de Madagascar. « Choisir le nom Antsabey était une évidence. Il vient de miantsa qui, dans le Grand Sud, est une manière de chanter, de raconter de communiquer et de célébrer la vie en chansons », explique Djahmyll, le chanteur principal. La rencontre avec Bienvenue, à la guitare, a permis d’abord de créer un duo en 2009, puis au fil du temps sont venus s’ajouter Abdillah à la basse et Do à la batterie et aux percussions. Ensemble, ils portent haut les couleurs du Grand Sud en s’inspirant des différents rythmes de leur région.

« Notre style est une fusion de mangenaky, de tsapiky lent du peuple Masikoro, de rodoringa, un rythme d’encouragement pendant le ringa, la lutte traditionnelle à mains nus, de banaike, inspiré des rythmes des trots du zébu, de tsapiky, d’antsa et de Takasy, la prière aux ancêtres, une variante du beko. Tout cela joué de façon moderne, sans en dénaturer l’esprit ni le style. » Cette diversité musicale enchante à la fois les oreilles et les corps, car la musique du Sud sait être envoûtante. Elle leur a permis de jouer sur plusieurs scènes à travers le pays, grâce au projet Atsimozika initié par l’Alliance française de Toliara en 2017, une production regroupant des dizaines de musiciens et chanteurs. « Cela a abouti à une tournée nationale dans la plupart des villes principales. Une expérience musicale pleines d’échanges avec des musiciens professionnels ayant parfois de longues carrières à l’international. »

Fort de cette expérience, le combo est aujourd’hui en pleine préparation de son premier album intitulé Roso qui signifie « C’est parti » avec dix titres inspirés de différents rythmes comme Bilo pour le rodoringa, Mpitari-Posy pour le tsapiky ou Mamolava pour le mangenaky. « C’est un album qui fait voyager en abordant les us et coutumes mais aussi la réalité sociale… Ces dernières années, nous avons beaucoup composé, écrit et joué , il est temps de montrer les fruits de ce travail ! » Le groupe est monté sur la scène du Pata Pata Bar à Toliara en juillet dernier pour donner un avant-goût de cet album, avec une tournée nationale prévue en octobre pour sa promotion. Mais ce n’est pas tout. Le groupe multiplie les contacts avec des agents et organisateurs en Europe pour une tournée européenne de juin à août 2022.  La musique malgache sait se faire entendre.


Aina Zo Raberanto

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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