Amad Zayad Tombovelo : « Mettre en place une académie axée sur l'écriture en langue du Nord »
22 septembre 2024 // Littérature // 9453 vues // Nc : 176

Amad Tombovelo Zayad est un écrivain dramaturge malgache originaire d’Antsiranana. Réputé pour ses œuvres telles que « Valizy mena » (Valise rouge) et « Tantaram-piainana » (Histoires de vie), il explore les dimensions culturelles et linguistiques de Madagascar à travers ses écrits. Actuellement, il vit et travaille à Marseille, tout en continuant à promouvoir la langue et la culture du Nord de Madagascar.

Des œuvres en dialecte du Nord ?
Ce qui m'a motivé à écrire en langue du Nord, c'est le constat qu'il y a peu de livres de poésies et de contes dans cette langue. Mon but est d'encourager les enfants à lire, et je pense que c'est plus facile si les livres sont rédigés dans leur langue quotidienne. La transmission des idées et des messages est plus efficace dans la langue maternelle. J'ai commencé à écrire au lycée, où j’ai créé plusieurs pièces de théâtre telles que « Zakan'i majaja », « Tia hiampita » et « Tandrema Sida », mises en scène à l'Alliance Française d'Antsiranana. En 2014, j'ai publié mon premier recueil de poèmes et de contes en langue du Nord intitulé « Tononkalom-paritra : Valin-taratasin'i Valizy Mena. » L'intérêt croissant pour mes écrits sur Internet, notamment sur Facebook, m'a poussé à publier un livre. Après avoir remporté le concours poésie et contes du groupe Facebook « Ino vaovao ??? » deux années consécutives, la demande pour mon livre a considérablement augmenté.

Favoriser le développement de la langue du Nord ?
Mon deuxième livre, « Tantaram-piainana » (2016), est une collection de poèmes et de contes en langue du Nord ainsi que de récits fictifs. Mon troisième livre, « Tso-drano » (2019), comprend également des poèmes, contes et fiction. Dans mes livres, il n’y a pas de message précis. Ils mélangent plutôt des éléments de la vie quotidienne et ma vision de la vie dans toute sa diversité. Ce que je trouve le plus important, c'est la protection des droits, notamment ceux des femmes. Lors de mes présentations à l'Alliance Française et à l'université d'Antsiranana, les enfants étaient très heureux de voir qu'il existe des livres en langue du Nord. Leur enthousiasme a été tel qu'il y a eu des acclamations dans l'amphithéâtre lorsque j'ai lu certaines de mes œuvres. Je crois qu'il serait opportun de mettre en place une académie axée sur l'écriture en langue du Nord, dans le but d'élaborer des directives claires pour les écrivains et de favoriser le développement de cette langue.

Votre actualité ?
Je continuerai à publier de nouveaux livres et à promouvoir l'art du Nord de toutes les manières possibles, y compris par la création de bandes dessinées et de dessins animés. En 2019, j'ai déjà publié une bande dessinée animée de l'un de mes contes. Tous mes livres sont disponibles à l'achat sur le site amazon.fr, ainsi qu'à Diego à la Banja (Maison de la culture).

Propos recueillis par Cédric Ramandiamanana

Facebook : Amad Zayad

FETIN'I NINDRY

Fetiny iniany, ke izy falifaly
Nan̈ano metimety, nan̈ôva taly
hatramin'ny salovan̈a ndreky kisaly
nisoloany irô lamba findesin̈y baly

An̈ivondrô zanaka tsy vôly mandrômbo
izy efa karaha anjely an̈atin'ny rôbo
ilay söra tsara, mazava trôko
navoa fin̈ifin̈y, navoa ôrokôroko

Ranomaso nandroatra mila ho very
maren̈y irô kilonga jiaby mifen̈y
tsy vôly mihira, man̈ano tsianjery
« tsisy tsaratsara mihoatra i neny »

Nandeha tônotôno, nasaka gana
fa izy tsy nambela hitana tolan̈a
Ahidin̈y rano izay tiany higian̈a
fa fetiny iniany, izy ampiadan̈ina

Irô ajaja nitsangana, nampiakatra vera
nisy araiky nivolan̈a, tsy nitaveravera
nangata-pitahian̈a ho an'i zanak'i Eva
ilay nahitan̈a masoandro, naviandrô ho meva :

«Ô Zan̈ahary tompon'ny lan̈itry fito,
arôva fahin̈any mba ho ela hahito
fa izy io olombelon̈o ten̈a tsy tindry
ho ela velon̈o anie anao nindry »

Dayaz 31/05/2015

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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