Adrienne : Miss « Flashy and Fripe »
19 avril 2025 // Musique // 13412 vues // Nc : 183

De son style à sa musique, la couleur est partout. Sophie Rakotomalala, de son nom de scène Adrienne – comme son prénom – écrit et compose en ode à la vie et au Brésil, son pays de cœur. Artiste depuis une quinzaine d’années, elle émerge, à l’aube de ses quarante ans, avec une nouvelle carrière solo et un EP en vue. Basée en France, elle inspire les femmes et s’inspire de sa vie et de ses expériences pour créer sa propre musique.

©photo : Claire Huteau

La musique et vous, l’histoire d’une vie ?
J’ai commencé à apprendre le piano à l’âge de six ans, puis je suis allée à un conservatoire jusqu’à mes 15 ans. J’ai continué le chant à la chorale malgache de Montpellier et j’ai fait un peu de gospel. Plus tard, je suis allée à Paris où j’ai essayé pleins de choses : une école de mode, du droit, mais la musique restait ma passion. J’ai décidé de devenir chanteuse vers l’âge de 24 ans en commençant dans des jams de jazz. Puis, je me suis inscrite dans une école qui s’appelle le CIM (Centre d’Informations Musicales), et plus tard, l’École des musiques actuelles (EDIM) où j’ai passé mon diplôme d’étude musicale en jazz. J’ai eu mon diplôme d’État de professeur de jazz et de musique improvisée en chant. Parallèlement à mes études, j’ai commencé à jouer pour divers groupes dont un duo dans lequel j’ai eu l’occasion de travailler en portugais. Ce fut un coup de foudre. J’ai commencé à rentrer plus de morceaux brésiliens dans mon répertoire, jusqu’à en avoir un exclusivement en brésilien. Plus tard, Zabumba, un groupe de musique brésilienne m’a proposé d’être leur chanteuse. Je chante également dans un orchestre, l’Itiberê Orquestra Familia da França.

Des inspirations du Brésil ?
Dans la musique que je fais en tant qu’Adrienne – car on me connaît ailleurs sous le nom de Sophie Rakotomalala – c’est la rencontre de tout ce que je fais. Vu que je pratique de la musique brésilienne, il est vrai que mon influence principale est le Brésil. Il y a aussi des influences de jazz dans les lignes mélodiques et harmoniques, parce que j’ai fait cela durant tout mon parcours, mais il y a aussi beaucoup de pop. Mon premier EP « Flashy and Fripe » qui est en cours, est une rencontre de tous ces styles-là. Pour mes chansons, je me laisse un peu porter par l’actualité, par ce que je traverse dans mon petit cocon et par toutes les histoires qui m’entourent. Le titre « Probablement rien du tout », par exemple, s’inspire directement de ce qui me faisait souffrir à ce moment-là : l’impression de ne rien faire de ma vie en regardant les réseaux sociaux, mais tout le monde vivait cela. Ça m’a donné envie d’écrire, d’alerter et de dire : qu’est-ce qui arriverait de si grave si on arrêtait de fréquenter les réseaux sociaux ? Probablement rien du tout !

« Flashy and Fripe » ?
Il y a sept titres dans l’EP, dont quelques extraits en live session visibles sur Instagram. Il y a « Le robot de l’amour », où je me mets à la place de celle qui parle à sa copine. « Quand je dors » parle d’un chagrin d’amour, mais on peut le vivre dans toutes les situations de deuil : ça parle d’une personne qui essaye de ne pas dormir pour éviter ce moment où on doit subir ce coup de poignard et se souvenir de son départ. « Saudade de Rio », bien que tout le monde pense qu’il s’agit d’une histoire d’amour, est en fait une déclaration pour Rio. « Pour parler d’amour, je pense à toi assise à ma table » est une référence à la Roda de samba à Rio, où le groupe s’assoit à une table pour chanter. Il y a également « Assaillie par le doute et mes envies de picole », dont les mots « assaillie » et « picole » ont une signification en français et en portugais. J’ai mis dans la chanson ces quelques mots à double sens. « Flashy and Fripe » a été le coup de cœur de Guillaume Farley, mon arrangeur. Au fur et à mesure, cette chanson a pris une signification profonde. En ce moment, j’ai l’intention de travailler sur davantage de compositions et j’envisage également d’y mettre un peu de sonorité malgache.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Contact : sophie.rakotomalala@gmail.com
Instagram : Adrienne.singer

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Rija Ramanantoanina : « L'œuvre de toute une vie »

Lire

28 mai 2026

Rija Ramanantoanina : « L'œuvre de toute une vie »

Ce dimanche 31 mai, à 15 heures, l'amphithéâtre du Centre de Conférence International d'Ivato accueillera un événement inédit dans l'histoire de la mu...

Edito
no comment - Exister en malgache

Lire le magazine

Exister en malgache

Juin à Madagascar, c'est un mois qui déborde. La langue, l'enfant, l'indépendance — trois célébrations bousculées dans trente jours, comme si le calendrier avait, lui aussi, quelque chose à dire. Et si ce n'était pas un hasard ? Ces trois commémorations racontent, au fond, la même histoire : celle d'un peuple qui cherche, depuis 1960, à exister pleinement sur ses propres termes. Pas seulement dans les discours officiels et les défilés — dans la vie réelle, quotidienne, celle qui se joue désormais aussi sur un écran.Car le vrai terrain de la souveraineté culturelle s'est déplacé. Il est numérique, algorithmique, et aussi impitoyable. Une langue absente du web est une langue que le monde n'entend pas — et qu'il finit par oublier. Le malgache, parlé par trente millions de personnes, riche d'une histoire linguistique qui traverse les siècles et trois océans, mérite mieux que l'invisibilité numérique. L'initiative Wikiteny — atelier consacré à l'enrichissement des contenus en malgache sur internet — est allée dans ce sens. Ce type d'initiative doit être multiplié, amplifié, soutenu. Sans attendre.C'est là, précisément, que la langue rejoint l'économie. Une identité qui ne se raconte pas, c'est une culture qui ne se monétise pas — un savoir-faire qui reste sans vitrine. Madagascar exporte sa vanille, ses textiles, sa biodiversité unique. Mais que fait-on de l'autre richesse, l'immatérielle, celle qui ne figure dans aucune balance commerciale et qui, pourtant, vaut de l'or ? Soixante-quatre ans après l'indépendance, la vraie souveraineté se joue peut-être là : dans la capacité à dire qui nous sommes, en malgache — et à faire en sorte que le monde l'entende. Haut et fort.Solofo Ranaivo

No comment Tv

Making of shooting mode – juin 2026 – NC 197

Retrouvez le making of shooting mode du no comment® magazine, édition Juin 2026 - NC 197
Prise de vue : Le Sohimanga Restaurant
Collaborations : Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - AKOMBA GARMENT MG - CARAMBOLE
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Elianah, Eyevan, Diamondra, Sitraka, Endrikaja, Mitia, Taniah, Tafita
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir